Des dépenses qui montent en flèche… et des recettes qui, forcément, s’écroulent. Ce constat fait dans de nombreux pays se vérifie aussi à Monaco. Le conseiller-ministre à l’économie et aux finances, Jean Castellini, a dévoilé hier lors d’une conférence de presse, l’état des comptes à Monaco. Concrètement, pour financer – entre autres – le chômage total temporaire des salariés de la Principauté ou encore la prise en charge, par l’Etat, des loyers dans les commerces domaniaux, les dépenses s’élèveront en Principauté à 280 millions d’euros « sur le très court terme ». En même temps, le gouvernement estime que les recettes vont chuter de 180 millions d’euros… Des chiffres qui sont à mettre en perspective avec un budget annuel qui s’élève 1,5 milliard d’euros.
Merci le Fonds de réserve constitutionnel
« C’est donc un montant très significatif, mais il est parfaitement supportable au vu des montants qui ont été mis de côté et investis au niveau du Fonds de réserve constitutionnel (FRC) », rassure Jean Castellini. Rappelons que le FRC est le bas de laine de l’Etat et servira donc d’amortisseur à cette crise. « Je rappelle que nous n’avons pas d’imposition directe, nous n’avons pas de dette, et pas de possibilité de recourir à l’endettement. Tout ce que nous avons, c’est ce fonds de réserve qui, depuis des décennies, grâce à la sagesse de nombreux gouvernements successifs , a permis de mettre de côté et de placer, auprès de gestionnaires avisés, ces sommes d’argent » indique-t-il.
« Cette crise est un exercice extrêmement délicat »
Très vite, un projet de budget rectificatif exceptionnel sera donc déposé au conseil national, puis fera l’objet d’une présentation en conseil de gouvernement. « Cette crise est un exercice extrêmement délicat. Car nous devons être attentifs au quotidien et, à la fois, préparer l’avenir. Il faut répondre à l’urgence, mais, sur le court terme, éviter les surenchères qui porteraient une lourde facture sur l’avenir, et aurait une conséquence financière disproportionnée par rapport aux moyens dont dispose la Principauté », a conclu Jean Castellini.
