Les négociations entre Monaco et l’Union européenne en vue d’un éventuel accord d’association ont démarré en mars 2015.
Cinq ans plus tard et en pleine pandémie de Covid-19, les négociations continuent, mais au ralenti. Plus raisons expliquent ce ralentissement : le contexte sanitaire et international, certes, mais aussi l’arrivée de nouveaux négociateurs, côté européen, qui doivent étudier le dossier.
La crise sanitaire aurait fait presque oublier que Monaco négocie depuis 5 ans déjà un accord d’association avec l’Union européenne… Mais son aboutissement semble encore très lointain. La crise sanitaire et la conjoncture internationale ont, sans surprise, considérablement freiné le rythme des négociations entre la Principauté et Bruxelles. « Outre la crise sanitaire que nous vivons, il faut ajouter des contretemps conjoncturels. D’une part, l’arrivée de nouveaux négociateurs côté européen qui doivent prendre connaissance des dossiers. D’autre part, la situation internationale », explique Gilles Tonelli, ambassadeur et conseiller spécial en charge des négociations avec l’UE. Dans cette situation internationale, plusieurs gros dossiers sont effet sur le feu : « L’exigeante négociation avec les britanniques sur le Brexit, celle urgente avec la Suisse pour l’accord-cadre, et de manière générale, la situation en Europe (Biélorussie, Turquie…) », rappelle Gilles Tonelli.
Des sessions de négociations au compte-gouttes et par visio
Le rythme des négociations a donc forcément ralenti. Concrètement, en 2020, il y a eu trois sessions de négociations en bilatéral, limitées à des questions techniques. « A titre de comparaison, nous avions tenu en 2019 onze sessions de négociation à Bruxelles, de deux à trois jours, chacune en bilatéral comme en multilatéral avec Andorre et Saint Marin, dès lors que cette négociation est quadripartite », rajoute Gilles Tonelli. De plus, la crise sanitaire impose des sessions limitées à une demi-journée et par visio-conférence…

« Nous n’avons pas d’échéance »
A-t-on donc pris un retard considérable dans les négociations en raison de tous ces facteurs ? « S ’agissant du calendrier des négociations, comme nous l’avons toujours fait valoir, nous n’avons pas d’échéance précise du terme des discussions, répond Gilles Tonelli. Notre seul objectif est d’obtenir un bon accord. Nous avons à nouveau fait valoir cette position aux négociateurs européens : la substance de cet accord est prioritaire sur le calendrier. »
« Rien ne nous conduit à un pessimisme injustifié à ce stade »
Autre question fondamentale : la Principauté a-t-elle d’ores et déjà la certitude que l’accord en cours de négociation respectera bel et bien les spécificités monégasques ? « Nous n’avons à ce jour aucune garantie et c’est bien le propre de toute négociation. C’est en effet au terme de celle-ci que l’on peut apprécier, si, et comment, sont respectés l’ensemble des points vitaux que nous avons définis, répond encore Gilles Tonelli. Cela étant, rien ne nous conduit à un pessimisme injustifié à ce stade sur l’issue des discussions, dès lors que les propositions que nous avons présentées sur les points fondamentaux n’ont pas encore été discutées. »
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans L’Observateur de Monaco, n°204 actuellement en kiosques.
