« A force de crier au loup, les citoyens n’y croiront plus ». Dans une tribune publiée le 19 octobre par Nice Matin, les maires d’Antibes, Cannes et Grasse, mais aussi les présidents des différentes agglomérations maralpines, ont demandé un audit de Météo France, visiblement agacés par les alertes rouge disproportionnées qui ont eu lieu les 7 et 17 octobre. « Ces errances coûtent en temps, en argent, en moyens humains et en nerfs », ont-ils expliqué, estimant par ailleurs qu’à force d’erreurs, « les citoyens n’y croiront plus, ne se protégeront plus, n’écouteront plus les consignes ». « Nous savons tous que la météorologie n’est jamais une science exacte (…) ce qui nous interpelle, c’est la dégradation de la fiabilité des prévisions par rapport à quelques années auparavant », précise la tribune. Un constat qui avait aussi été fait à l’échelle nationale au mois de septembre par France info, dont l’enquête avait soulevé la possible responsabilité d’un nouvel algorithme, mis en place pour compenser la baisse des effectifs subie par l’organisme, de moins en moins subventionné. Dans le texte, les élus des Alpes-Maritimes plaident par ailleurs pour que Météo France raisonne géographiquement plutôt que par département comme c’est le cas actuellement. Il a effectivement été constaté que les communes des Alpes-Maritimes étaient très inégalement impactées par les aléas climatiques selon leur relief et leur proximité avec le littoral. Suite à la publication de cette tribune, Météo-France a aussi reçu quelques messages de soutien. « Depuis des lustres, on cherche des boucs émissaires au lieu de regarder la réalité des permis de construire en zone inondable, l’imperméabilisation et désormais le changement climatique. On paie le prix de l’incurie passée » a ainsi réagi la géographe niçoise Magali Reghezza.
