Sorti en 1974, le documentaire « À Monaco » est désormais disponible sur le site Internet de l’Institut audiovisuel de Monaco. Réalisé par le cinéaste de renom François Reichenbach, le film propose une immersion au cœur de la Principauté du début des années 70.
« À Monaco » n’est pas un documentaire classique, c’est une immersion dans la vie quotidienne de la Principauté du début des années 70. Vues aériennes, plans des routes sinueuses et images des plus belles bâtisses du territoire, l’œil aiguisé du réalisateur François Reichenbach nous transporte dans le temps et dans l’espace. Pour ceux qui ont eu la chance de connaître Monaco à cette époque, les panoramas et les paysages merveilleux sauront vous rendre nostalgiques. Pour les autres, c’est l’occasion parfaite pour découvrir la Principauté telle que vous ne l’avez jamais connue.
Poésie visuelle et témoignage historique
De la construction sur la mer du quartier de Fontvieille au Grand Prix automobile de Monaco de 1972, le documentaire présente une fresque authentique et historique de la Principauté à cette époque. Caméra sur l’épaule, le talentueux cinéaste met en valeur chaque aspect du territoire. Quasiment à la manière d’un journaliste, François Reichenbach alterne entre des plans larges, panoramiques ou encore subjectifs, tous d’un esthétisme presque parfait. À travers son regard brillant, il permet aux spectateurs de découvrir une facette unique de la Principauté.
En l’espace de 66 minutes, c’est un véritable tour d’horizon des évènements qui font Monaco. Du carnaval estival U Sciaratu au Rallye automobile Monte-Carlo, en passant par la fête nationale, le gala de la Croix-Rouge monégasque et le Festival de télévision de Monte-Carlo. L’occasion pour les spectateurs de se remémorer, ou d’observer pour la toute première fois, à quoi pouvait ressembler Monaco cinquante ans en arrière.

Dans l’intimité de la famille princière
« À Monaco », en plus de dresser le portrait de la Principauté des années 70, nous plonge dans l’intimité de la famille princière. En 1973, dans le magazine Télé7Jours, Henri Diacono écrit : « François Reichenbach a bénéficié d’une faveur particulière et jamais accordée jusque-là à aucun cinéaste ou photographe : celle de pénétrer dans le palais et, plus précisément, dans les appartements princiers, afin d’y filmer la vie quotidienne et privée des Grimaldi et de leurs descendants.» Véritable protagoniste de ce documentaire, la famille princière semble ne jamais avoir été aussi accessible. D’un naturel presque surprenant, le Prince Rainier III s’exprime face caméra sur des sujets divers et variés, allant de l’histoire du territoire au Casino, en passant par ses voitures de collection, les forces armées monégasques et son amour des animaux.
C’est aussi l’opportunité d’observer la Princesse Grace s’exprimer, en français, au sujet de la notoriété de Monaco ou de l’éducation de ses enfants. Les spectateurs deviennent même les témoins privilégiés des moments de vacances et de détente dans les jardins du Palais Princier. Grace Kelly alterne entre broderie et jeu de balle avec le jeune Albert qui s’amuse dans la piscine, pendant que le Prince Rainier, en retrait sur un fauteuil, entouré de ses trois chiens, fume une cigarette… Des instants volés d’une rare authenticité.
Tarif : 7 euros. Disponible sur le site de l’Institut Audiovisuel de Monaco
François Reichenbach : un réalisateur de talent
Cinéaste prolifique franco-suisse, François Reichenbach est un réalisateur de documentaires. Pionnier de la Nouvelle Vague, il reçoit en 1970 l’Oscar du meilleur film documentaire pour “L’amour de la Vie – Arthur Rubinstein”. Au cours de sa carrière, il réalise de nombreux portraits de personnalités, comme celui du cinéaste Orson Welles, du footballeur Pelé ou encore de Johnny Hallyday, Mireille Mathieu et Jeanne Moreau. Véritable touche-à-tout, il réalise en 1967 le clip vidéo de Bonnie and Clyde, interprété par Brigitte Bardot et serge Gainsbourg. En 1993, alors sur son lit de mort, il confie à Danièle Thompson son souhait d’être inhumé au cimetière de Limoges. La cinéaste lui fait remarquer que cela pourrait compliquer les déplacements, ce à quoi le réalisateur répond : “Ceux qui m’aiment prendront le train”. Une phrase qui inspire Danièle Thompson pour le propos et le titre du célèbre film du même nom, réalisé par Patrice Chéreau et avec Jean-Louis Trintignant et Charles Berling.
