vendredi 22 mai 2026
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    Business centers à Monaco : ces espaces qui bousculent le marché des bureaux

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    Actuellement au nombre de 34, les centres d’affaires (ou business centers) sont devenus des acteurs à part entière du développement économique de la Principauté. Qu’est-ce qui fait leur succès ? Quels tarifs pratiquent-ils ? Qui sont leurs clients ? Le marché, bien que répondant à un besoin bien réel, atteint-il ses limites ? Réponses.

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    Avoir un bureau à Monaco confère à toute société une image prestigieuse et haut de gamme, symbole de réussite et d’exclusivité. Mais le parc est réduit et les loyers inabordables pour bon nombre d’entreprises. C’est avant tout sur cette problématique que s’appuie la réussite des centres d’affaires en Principauté. Oui, car pour 990 euros par mois hors taxes, une SARL de moins de trois ans sans employé peut bénéficier d’un espace en open space dans l’un des business center de Monaco. Une société en nom personnel peut même rester 6 mois (3 mois renouvelables une fois) en open space à 450 euros HT par mois, et 12 mois à 300 euros HT par mois pour les Monégasques.

    Des tarifs harmonisés pour la partie open space

    Ces tarifs ont été proposés et non officiellement imposés par l’État, mais les centres d’affaires, réunis au sein de la Chambre monégasque des centres d’affaires (CPMCA) ont signé une charte de déontologie qui les engage à les respecter. « Il y a un gentleman agreement entre nous pour que ce soit cohérent. L’idée, c’est d’éviter une guerre des prix inutile et contreproductive, à la fois pour les centres d’affaires et pour l’image du pays. Monaco a besoin d’entreprises qui paient un prix juste et justifié pour pouvoir exercer en Principauté », explique Yann Bertrand, co-fondateur de Monte Carlo Business Center (MCBC), qui possède aujourd’hui trois entités. « En réalité, tout le monde ne joue pas le jeu », nous a-t-on par ailleurs confié. Une légère revalorisation des formules a été actée en 2025, les tarifs n’ayant pas été ajustés à l’inflation depuis plusieurs années.

    Business centers centre d'affaires MCBC Monte-Carlo Monaco
    © Photo MCBC

    Les bureaux privatifs sont librement tarifés

    En revanche, les bureaux privatifs en business center restent librement tarifés, avec des écarts selon le prestige des adresses et les prestations proposées. À titre d’exemple, comptez 1 500 euros charges comprises pour un bureau privé de 9 m² au sein de Puzzle Business Center, situé dans le quartier du Jardin Exotique, et 2 800 euros par mois pour un bureau au sein du MCBC III, situé sur le port Hercule. « Cela restera toujours moins cher qu’un bureau privé à Monaco », souligne Yann Bertrand. D’autant que ce coût fixe comprend climatisation, électricité, ménage et autres prestations comme la tisanière ou l’accès à l’imprimante et à une salle de réunion. Certains business centers proposent également l’organisation de déjeuners d’affaires, des événements, conférences ou soirées networking, ou encore un service d’ouverture et de scan du courrier… Notons que de très grands bureaux privés peuvent être proposés en business center. Jusqu’à 25 m² par exemple chez MCBC et jusqu’à 80 ou 90 m² si besoin au One Business Office, car les cloisons sont retirables.

    Coût réduit et esprit communautaire

    Les centres d’affaires offrent également une dimension communautaire très appréciée. « Les gens aiment venir pour le réseau, pour sortir de chez eux et éviter l’isolement que peuvent ressentir certains entrepreneurs », témoigne Mélanie Diez, directrice de One Business Office. Des communautés dans lesquelles il peut même y avoir des synergies. « Vous avez des entreprises autour de vous qui sont des clients ou des partenaires potentiels », souligne Yann Bertrand. « J’ai des clients qui ne se connaissaient pas, qui ne travaillaient même pas dans le même secteur d’activité et qui ont fini par monter une société ensemble », illustre Mélanie Palacio-Crozet, fondatrice Puzzle Business Center.

    Qui sont les clients des business centers ?

    Les entrepreneurs qui ont décidé de se domicilier et/ou de travailler dans un centre d’affaires à Monaco ont un profil et un parcours extrêmement variés. Il y a aussi bien des résidents (Monégasques, conjoints de Monégasques et étrangers) que des non-résidents, notamment français ou italiens. Même variété en ce qui concerne le secteur d’activité. Les gestionnaires interrogés citent des family office, des sociétés de communication ou encore de yachting, des artisans en bâtiment ou bien des coachs sportifs qui viennent faire leur comptabilité au business center… En revanche, les professions médicales et les avocats ne peuvent pas s’y domicilier. Les clients des centres d’affaires ne se limitent plus à des entreprises récemment ouvertes qui ont besoin d’une solution annexe et temporaire et, selon Yann Bertrand, « être dans un centre d’affaires n’a plus l’image réductrice que cela pouvait avoir avant ».

    Business centers centre d'affaires MCBC Monte-Carlo Monaco
    © Photo MCBC

    Des taux de présence plus bas que les taux d’occupation

    L’arrivée en 2008 du géant Regus (aujourd’hui situé boulevard d’Italie), qui fait partie des leaders mondiaux du secteur avec plus de 3 000 emplacements dans 120 pays, illustre bien l’attractivité du marché monégasque. Aujourd’hui Monaco compte 34 centres d’affaires, et tous affichent quasiment complet. Tous les quartiers en sont pourvus sauf, assez logiquement, Monaco-Ville. Le succès des business centers reposant surtout sur la domiciliation, les taux d’occupation sont élevés (entre 80 et 90 %) mais les taux de présence physique bien plus bas (généralement autour de 30 %). Depuis plusieurs années déjà, les centres d’affaires sont considérés comme une activité surreprésentée et leur ouverture est donc réservée aux personnes de nationalité monégasque.

    Un marché bientôt saturé ?

    « La concurrence, c’est très bien, d’autant que l’on a tous nos particularités. Certains font beaucoup d’événements, d’autres sont plus discrets, certains sont ouverts 24 heures/24 et 7j/7d’autres ferment le soir et le week-end, certains ont une clientèle très jeune, d’autres moins… Je pense qu’il y en a pour tous les goûts », affirme Mélanie Palacio-Crozet avant de nuancer : « Si ça s’est tant développé, c’est qu’il y en avait besoin, mais à un moment donné, ce sera peut-être trop ». Une mise en garde partagée par Yann Bertrand. « Ça devient tout de même de plus en plus concurrentiel et je pense qu’à un moment donné, il va falloir limiter », estime-t-il.

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