Il est considéré comme l’un des plus grands poètes du XXème siècle. Né à Monaco, Léo Ferré, a eu, durant sa carrière le soutien très appuyé du prince Rainier III.
Il était à la fois poète, musicien, compositeur et chef d’orchestre… On connait les liens extrêmement forts qui unissaient Léo Ferré et la Principauté. C’est d’abord et avant tout le pays où il est né. Un 24 août 1916. Un lieu de naissance qui, après les épisodes de mai 68, lui a d’ailleurs valu quelques moqueries, certains le taxant « d’anar en rolls »… Que sait-on alors de Léo Ferré et de ses liens avec Monaco ? En se plongeant dans les nombreux livres qui lui ont été consacrés, on apprend que son père était Monégasque, et croupier à la SBM avant de devenir chef du personnel. Un poste qui permettait au petit Léo d’accéder souvent aux concerts de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Son éducation, Léo Ferré l’a toutefois faite en Italie. À l’âge de 8 ans, en pleine époque mussolinienne, son père l’envoie à Bordighera, chez des prêtres où il reçoit une éducation très rigide. C’est sans doute là, en réaction, qu’il a développé son côté rebelle et anarchiste…

La rencontre avec le Princier Rainier III
En 1934, alors âgé de 18 ans, Ferré quitte Monaco et se produit durant des années dans de petits cabarets en France. Une nuit de décembre 1953, un vrai tournant se dessine dans sa carrière. Le prince Rainier III se rend à L’Arlequin, un cabaret parisien, où chantait Ferré. « Rainier l’a, semble-t-il, applaudi très fort, raconte dans un livre Annie Butor, la belle-fille du poète (1). Léo, de son côté, était très timide et n’osait pas aller le voir. Il s’est finalement jeté à l’eau et lui a demandé un entretien particulier. » Rainier a tout de suite accepté. A cette époque, Léo n’était pas très connu. Il a alors expliqué au prince que les portes de la musique lui étaient fermées. « Wagner a eu son Louis II de Bavière, je vous demande d’être mon Rainier de Monaco », lui aurait-il déclaré. Le prince s’est alors rendu dès le lendemain au domicile parisien de Léo Ferré, boulevard Pershing, accompagné par le directeur du casino de Monte-Carlo de l’époque. A la suite de cette entrevue, il a été décidé que Léo partirait à Monaco diriger, à l’Opéra, la musique qu’il avait écrite sur le long poème de Guillaume Apollinaire, La chanson du mal aimé… En avril 1954, le prince Rainier III a mis à la disposition de Léo Ferré les 80 musiciens et 40 choristes de l’Opéra de Monaco. Le spectacle a reçu un accueil triomphal. Et la presse monégasque fut dithyrambique. Les journaux titraient alors : « Léo Ferré est prophète en son pays »…
(1) Comment voulez-vous que j’oublie… Editions Phébus.
