jeudi 16 avril 2026
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    Didier Gamerdinger : « Notre rôle n’est pas d’accélérer la survenance de la mort »

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    Faut-il autoriser ou non le suicide assisté ou l’euthanasie ? Si ce sujet sensible est débattu dans de nombreux pays, aussi bien dans les sphères politiques, que dans la société, à Monaco, ce n’est pas du tout le cas. Aucune association pro-euthanasie, de type Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (AMDM) n’est active en Principauté. Les médecins et les élus du Conseil national n’ont pas pris non plus, jusqu’à présent, l’initiative d’ouvrir le débat sur ce sujet sensible. Le catholicisme étant, ici, religion d’Etat, difficile d’aborder cette question avec la même aisance que dans le pays voisin. Une chose est sûre, ce n’est pas le gouvernement qui ouvrira la brèche sur ce thème. L’Etat a donné une position très tranchée et on ne peut plus claire : « Le rôle de la puissance publique et du médecin n’est pas d’accélérer la survenance de la mort. Au contraire, c’est d’alléger les souffrances. Il n’y a rien dans notre texte sur une éventuelle euthanasie. Car ce n’est pas le rôle des médecins, ni du département des affaires sociales, ni, de mon point de vue, le rôle de la société », défend Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux Affaires sociales et à la santé. Une « vision politique et juridique » qui serait partagée autant par le diocèse, le conseil de l’ordre des médecins, que par l’association monégasque JATALV (1). « Jamais les soins palliatifs ne peuvent, ne doivent et ne pourront être provoqués dans l’intention de provoquer ou de précipiter le décès car, d’après nous, rien ne saurait légitimer de provoquer la mort, rajoute le docteur Ciais, chef de service à l’unité de soins palliatifs. Notre rôle est de soigner les gens, et non pas de mettre fin à leurs jours. »

    Que font les médecins lorsque les patients demandent à mourir ?

    Selon le docteur Ciais, les patients qui sont hospitalisés en soins palliatifs expriment souvent la volonté de mourir. Dans la grande majorité des cas, les malades le souhaitent car il y a une souffrance psychique et physique (ou les deux) trop forte. « Lorsqu’un patient nous demande de mettre fin à sa vie, on considère qu’au niveau éthique ce n’est pas notre rôle d’aller jusque-là. La première étape pour nous est donc de comprendre pourquoi il y a cette demande. Une fois que l’on a bien compris les causes de la souffrance et de la détresse, on fait en sorte de soulager au mieux le malade, et généralement, il ne demande plus à mourir », assure le docteur Ciais. Que se passe-t-il si la demande de mort persiste malgré les soins que les médecins prodiguent ? « Lorsque la demande de mort persiste c’est que, parfois, on est dans de l’acharnement thérapeutique du point de vue du patient, et le personnel médical ne s’en rend pas forcément compte. A ce moment-là, on s’interroge sur l’utilité de certains traitements, et il faut savoir, sur la demande du patient, laisser la mort survenir naturellement. Généralement, si l’on traite bien les souffrances de la personne et si l’on arrête de faire de l’acharnement thérapeutique, il reste très peu de cas où le malade demande à mourir. » Que répond de son côté le gouvernement face à une telle problématique ? « La loi ne permet tout simplement pas l’euthanasie active, répond Didier Gamerdinger. En revanche, la loi énonce qu’il ne peut pas y avoir d’obstination déraisonnable. »

    (1) Jusqu’au terme accompagner la vie.

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