Irène Gabrielli est sage-femme au CHPG. A la maternité et à domicile, cette professionnelle de santé accompagne les femmes de la principauté, avant et après leur accouchement. Rencontre
Les premiers moments en tête-à-tête avec un nourrisson sont souvent des moments de grande joie, mais aussi d’anxiété et de questionnements pour les parents. Comment le porter en toute sécurité ? Comment calmer ses pleurs ? Quels sont les bons gestes pour donner le bain ? A quelle fréquence faut-il l’allaiter ? Pour répondre à toutes ces questions et épauler les femmes, avant et après leur accouchement, les mères et les pères résidant en Principauté peuvent compter sur les conseils avisés d’Irène Gabrielli. Que ce soit au service maternité du CHPG, ou à domicile, cette sage-femme accompagne les parents dans cette étape de vie remplie d’émotions. « Le coeur de mon métier est d’établir un lien de confiance avec les parents, tout en essayant d’être la plus discrète possible. Surtout lorsque mon intervention se fait à domicile, car on rentre véritablement dans l’intimité des couples et de la nouvelle famille qui vient de se construire, explique-t-elle. Mon rôle est de respecter leurs croyances, leurs mode de vie, et la façon qui est propre à chacun de vouloir éduquer ses enfants. »
« Il est important de valoriser les mères sur leurs capacités »
L’année dernière, cette professionnelle de santé a effectué pas moins de 400 visites à domicile à Monaco (1). Un suivi post-natal qui s’étend généralement durant les deux mois qui suivent un accouchement. « Pour un premier bébé, les questions sont essentiellement axées sur l’alimentation et la prise de poids du bébé. Une maman qui allaite par exemple souhaite savoir à quelle fréquence donner le sein. Il y a également de nombreuses questions sur le rythme de sommeil du bébé, ou encore sur les coliques du nourrisson. » Au-delà des conseils sur les soins de puériculture, cette présence à domicile permet aussi de contrôler la bonne santé de la mère et du bébé (sans devoir faire de nombreux contrôles et aller-retours à l’hôpital), mais aussi de s’assurer que les parents gèrent, émotionnellement, ce bouleversement de vie et ce changement de rythme. « Les femmes ont toutes un temps d’adaptation différent, constate Irène Gabrielli. Il est important de dire à ces jeunes mères qu’il est normal d’avoir parfois des doutes. Notre rôle est de les valoriser et de renforcer au maximum les capacités qu’elles ont toutes en elles. »

CCP — Le Centre de coordination prénatal et de soutien familial a été créé en 2009. Localisé dans l’enceinte du CHPG, cette structure a notamment pour mission d’évaluer la situation médicale, psychologique et sociale des futures mères.
Baby blues : en parler avant l’accouchement
Car au-delà des questionnements sur la santé du bébé, les mères peuvent aussi être moralement fragilisées par ce que l’on appelle communément le baby blues. Hypersensibilité, mélancolie, sautes d’humeur, perte d’appétit, insomnies, difficultés à se concentrer… « Les manifestations du baby blues varient d’une femme à l’autre, note Irène Gabrielli. Durant la préparation à la naissance, nous les sensibilisons au fait qu’elles peuvent ressentir cette sensation de remise en question, et de coup de fatigue. » Comment expliquer alors ce phénomène très fréquent chez les femmes après la naissance de leur enfant ? « Cela survient généralement le troisième jour après l’accouchement, constate-t-elle. C’est la délivrance du placenta qui provoque une chute des hormones. Il faut ainsi un peu temps pour que tout se remette en place. » En cas de dépression post-partum, des psychologues du CHPG sont également là pour aider les parents en détresse.
Centre de coordination prénatal : l’allié des familles
Le Centre de coordination prénatal et de soutien familial (CCP) a été créé en 2009. Localisée dans l’enceinte du CHPG, cette structure (1) a pour mission d’évaluer la situation médicale, psychologique et sociale des futures mères. C’est également ce centre qui informe les parents sur les aides matérielles, les droits, et autres allocations accordés aux femmes enceintes et aux familles. Pour détecter de potentielles pathologies touchant l’enfant à naître, le CPP est également en charge du diagnostic anténatal (amniocentèse, biopsie de trophoblaste). Il assure aussi l’accompagnement médical dans le cadre d’une interruption médicale de grossesse (IMG) ou dans le cadre d’un deuil périnatal. C’est également le CCP qui accompagne la prise en charge d’un enfant ayant un handicap à la naissance.
(1) Equivalent d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal en France.
