jeudi 16 avril 2026
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    Numérique Premier bilan

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    Neuf mois après le lancement d’Extended Monaco, voici le bilan. Entre avancées, espoirs et freins dans cette course mondiale au numérique.

    Singapour, l’Estonie, le Luxembourg… Peut-être ne le savez-vous pas mais voilà le trio de tête des pays les plus avancés en matière numérique. Monaco, sans vouloir les copier, vise clairement de se rapprocher de ces nouveaux standards sur la scène internationale. « Il y aura des gagnants et des perdants », prévient Frédéric Genta. Deux ans après sa prise de fonction, le délégué porte encore de très hautes ambitions pour le pays qu’il a retrouvé. « On est aujourd’hui aux bons budgets. Deux ans après, on peut dire que l’on est moins en retard. » Alors qu’en 2017 Monaco était placé parmi les cinq derniers pays de l’ONU en termes de développement du numérique dans la vie de tous les jours, la principauté a depuis gagné une centaine de place. Plaçant le pays dans la moyenne mais encore en dessous des pays européens.

    Attirer les capitaux

    Sentant « une forte appétence » des locaux sur ce sujet, mettant en avant un taux de pénétration de l’internet de 95 % pour Monaco, Frédéric Genta admet que le pays n’est pas encore « sur des chiffres transformant ». « Il faut qu’on soit plus ambitieux sur l’humain et sur l’économie », poursuit-il. Comme il l’avait indiqué, c’est d’abord par les infrastructures, les lois et les plateformes que ce « business » pourra avancer. Avec l’espoir en toile de fond que « Monaco ait enfin les moyens d’attirer les capitaux ». Le nerf de la guerre en somme. D’ici 2022, les objectifs ambitieux sont affichés : la couverture totale du territoire monégasque en fibre optique, l’utilisation de la 5G et le lancement du cloud monégasque. « On facilite les choses pour prendre notre part, pense l’homme. C’est sûr que l’on n’aura pas les mastodontes de l’Internet. »

    © Photo DR

    L’avenir de Monaco pour 20 ans

    La révolution numérique entamée il y a deux ans se joue aussi (et surtout) donc sur le terrain de la communication. « On doit avoir une deuxième boucle d’images de Monaco sur le numérique. Ce qui ne veut pas dire que l’on doit renier la première. S’associer aux plus grands — grâce aux partenariats menés avec Amazon ou Google — est une manière d’être mieux identifié dans ce domaine dans le monde. » Il faut donc s’attendre en 2020 à de nouvelles percées ainsi que des réajustements (lire ci-après).

    © Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

    Les freins identifiés au numérique

    Pas sûr que Frédéric Genta s’attendait à une telle levée de bouclier concernant le développement de la 5G à Monaco. Le délégué aurait-il sous-estimé les peurs inhérentes à tout changement ? « Les freins, ce sont la compréhension et le ressenti que les gens se font du numérique », reconnaît l’homme. Biberonné au monde du numérique, sa carrière tournée vers l’univers des géants mondiaux du secteur, Frédéric Genta regrette un « imaginaire défensif » sur le sujet à Monaco. « Pourtant les choses positives arrivent. Pour l’instant, c’est un peu “je ne comprends pas donc je me méfie”. » Autre frein identifié : le poids des habitudes. « J’entends dire “Aujourd’hui, tout va bien”. C’est très difficile de réformer un pays qui va bien. Mais rappelons-nous que nous sommes un petit État et que tout peut tourner très vite. Si nous n’anticipons pas un secteur, on va le sentir passer… »

    © Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

    Marche arrière pour les navettes autonomes

    L’été dernier, le Rocher avait accueilli en test une navette autonome. Ce sont surtout les touristes qui avaient profité de cette innovation technologique. Au final, Frédéric Genta parle d’un test « concluant », la navette n’ayant « tué personne, pas même un pigeon », s’est amusé le délégué. L’homme avoue que c’est bien l’un des sujets où il a changé d’état d’esprit. « Le territoire monégasque est très complexe. La vitesse ne pourra jamais excéder les 15/20 km par heure. » En parallèle de Monaco-Ville, un test devait être lancé sur le quartier du Larvotto, visant essentiellement le tourisme d’affaires. Projet qui n’a finalement pas eu lieu. La fin des navettes autonomes ? Peut-être pas. Les prochains essais ne devraient toutefois pas intervenir avant 2021 au mieux.

    Les grands axes poursuivis en 2020

    De nouvelles initiatives vont vite voir le jour pour 2020. Niveau santé, le portail attendu pour la fin 2019, repoussé à 2020 pour des problèmes de sécurité, devrait sortir cette année. On pourra notamment y consulter la liste des pharmacies et médecins de garde. Une messagerie sécurisée entre praticiens verra aussi le jour ainsi qu’une interface avec les praticiens de Paca qui le voudront. Un “Doctolib” à la sauce monégasque va également émerger. Du côté de l’éducation, la rentrée 2020 sera marquée par la distribution de tablettes numériques à tous les collégiens pour remplacer leurs manuels scolaires, accompagné du développement de nouveaux outils numériques. Du point de vue de la mobilité, un partenariat avec l’application privée dédiée Waze sera à l’ordre du jour. Comme un super administrateur, Monaco aura la main sur son territoire pour conseiller ou déconseiller certaines routes ou certains secteurs et réorienter la circulation grâce aux données collectées par le centre intégré de la gestion de la mobilité. Actuellement en test, cette nouvelle donne pourrait vite entrer en vigueur. Il faut aussi prévoir l’arrivée de ticket de bus, abonnement Monabike et ticket de parking accessibles via une application numérique. Au niveau des télé services, ceux-ci vont s’intensifier en 2020. « Plus d’inscriptions seront disponibles via le numérique pour l’inscription à l’école, pour les bourses, le paiement de la cantine ou le passeport culture », énumère Frédéric Genta. Pour les résidents, accès aux attestations ou à une prise de rendez-vous pour la carte de résident. Pour les domaines, mise en place d’un intranet pour obtenir facture ou quittance. Pour la SPME, mise en service du télé service déjà en vigueur pour les caisses sociales de Monaco du secteur privé. Enfin, prise de rendez-vous à venir pour les contrôles techniques des véhicules immatriculés à Monaco, environ 15 000 par an.

    Extended Monaco aujourd’hui, c’est…

    826 millions d’euros de chiffres d’affaires au 31 décembre 2018 pour l’économie numérique de Monaco (source Imsee)

    +27 % de croissance de cette économie entre 2013 et 2018 (source Imsee)

    5,6 % du chiffre d’affaires monégasque (source Imsee)

    1 663 salariés soit 3,2 % des salariés du secteur privé (source Imsee)

    +33 % de procédures administratives en ligne

    2 000 trajets par jour en vélos électriques avec Monabike

    1 500 calculs d’itinéraires par jour avec CityMapper

    3 lois permettant de faire entrer le numérique dans le quotidien des citoyens et actifs de Monaco

    1 000 demandes d’informations par jour via les tablettes des abris-voyageurs connectés

    1,4 tonne de papier économisé grâce à la dématérialisation de l’administration monégasque

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