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    Impressions… McCurryennes

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    Son exposition au Théâtre de l’image et de la photographie à Nice l’an dernier avait attiré les foules… Les clichés du photoreporter américain Steve McCurry seront cette fois-ci à découvrir à Monaco dans la salle d’exposition du quai Antoine 1er. Celui qui pratique l’art du portrait depuis 40 ans a sillonné la planète et couvert de nombreuses zones de conflits. Notamment la guerre Iran-Irak, l’Afghanistan, ou encore l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. Membre de l’agence Magnum depuis 1986, McCurry s’est fait connaître mondialement grâce à ses séries de portraits empreints d’humanité. Certains – comme celui de la jeune fille afghane aux yeux verts – ont fait le tour du monde : « De manière inconsciente, je guette un regard, une expression des traits ou une nostalgie capable de résumer ou plus exactement de révéler une vie », explique-t-il en toute simplicité.

    A Monaco. Salle d’exposition du quai Antoine Ier.
    Entrée libre.  Du jeudi 15 octobre au mercredi 11 novembre, de 13h à 19h (sauf le lundi).

     

    Enfants de la Tribu Hamer jouant dans la saleté. Vallée de l’Omo, Ethiopie. 2012.

    « La vallée de l’Omo se trouve au Sud-ouest de l’Ethiopie. En Afrique on l’appelle “la dernière frontière”. La majorité des populations vivant dans la vallée de la rivière Omo n’a pas d’eau potable ni soins médicaux. C’était pour moi un privilège de voyager plusieurs fois dans cette vallée en Ethiopie avec mon ami John Rowe, pour photographier le travail qu’il avait initié avec Lale Labuko (explorateur émergent 2013 pour National Geographic) pour endiguer une pratique infanticide appelée “Mingi” dans la culture de ces tribus », explique Steve McCurry. Avant d’ajouter : « “Mingi” est un massacre rituel de bébés ou d’enfants considérés impures ou maudits. Un enfant peut être considéré “mingi” pour plusieurs raisons. Une fois déclarés “mingi”, les enfants sont laissés seuls dans le désert sans eau ni vivres, ou alors jetés dans la rivière. J’ai rencontré John en Birmanie. Il a consacré un gros budget et beaucoup d’énergie à ce projet pour les enfants de l’Omo. L’espoir est que ces enfants rescapés puissent devenir des futurs leaders dans leurs communautés et des acharnés défenseurs de cette cause pour arrêter la pratique tribale du “mingi”. »

     

     

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    Rajasthan, Inde, 2010. Un magicien.

    Ce berger-magicien du Rajasthan (Inde, 2010) est un membre de la tribu Rabari. « Ce groupe disparaîtra probablement parce la situation environnementale et politique est en train de changer », explique Steve McCurry dans le livre Steve McCurry, Icons, Conversations avec Biba Giacchetti. « Il est commun pour les personnes âgées de se teindre les barbes blanches au henné, leur donnant cet effet orange rougeâtre », ajoute-t-il.

     

     

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    Zhengzhou, province du Hunan, Chine, 2004. Moines de Shaolin à l’entraînement.

    Dans le cadre d’un projet sur le bouddhisme, Steve McCurry s’intéresse aux origines des arts martiaux et donc aux moines Shaolin. Cette forme de pratique bouddhiste fut en effet inventée au Vème siècle pour protéger les monastères des attaques. « Les jeunes garçons, d’à peine 2 ou 3 ans, viennent au monastère de toute la Chine pour apprendre les arts martiaux. Ils ont d’incroyables capacités athlétiques et acrobatiques », confie-t-il à Biba Giacchetti dans Steve McCurry-Icons.

     

     

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    Srinagar, Cachemire, 1996. Vendeur de fleurs.

    Cette photo de Steve McCurry est considérée comme l’une de ses meilleures prises. Le contexte ? « Nous sommes au Cachemire, dans le nord de l’Inde. C’est l’une des plus belles régions du monde, également appelée la Suisse de l’Inde, une région de montagnes et de nombreux lacs. Dans le Srinagar, au Dal Lake, il y a un grand marché de légumes et de fleurs. Je l’ai photographié pendant une longue période, à différents moments de la journée », explique le photographe à Biba Giacchetti dans Steve McCurry-Icons. Un matin, il accompagne un vendeur de fleurs et ils entrent dans un magnifique canal. « J’ai trouvé ce que je cherchais. Il y avait tous les éléments importants : la symétrie, l’équilibre et la couleur parfaite. » Preuve que si « la chance peut offrir des opportunités uniques, patience et persistance peuvent multiplier ces occasions… » philosophe l’artiste.

     

     

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    Peshawar, Pakistan, 1984. Sharbat Gula.

    Sous l’objectif de Steve McCurry, Sharbat Gula est devenue une icône absolue, baptisée la “Mona Lisa afghane”, incarnant le visage des réfugiés afghans, poussés à s’exiler après l’intervention soviétique en 1979. « Tout a commencé un matin à Peshawar au Pakistan. J’étais dans un camp de réfugiés afghan et j’ai entendu un bourdonnement au travers du rideau d’une école. L’enseignant m’a permis de photographier les filles. Et j’ai immédiatement remarqué cette petite fille et son regard incroyable, raconte Steve McCurry. Ses yeux racontent la tristesse du peuple afghan et des conditions de vie à l’intérieur des tentes de ces camps de réfugiés. » Une fois le cliché pris, la fillette s’enfuit et disparaît. « J’ai alors pris probablement la photographie la plus importante de ma vie », commente le photoreporter. La photo est en effet publiée en Une de National Geographic en 1985 et fait mouche à travers le monde. Dix-sept ans après, Steve McCurry part retrouver cette petite fille au regard hypnotique pour l’aider, elle et sa famille. C’est chose faite : « C’est la meilleure partie de l’histoire… » s’émeut le photographe.

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