À Beausoleil, la démographie s’est invitée au cœur de la campagne municipale. Le candidat Nicolas Spinelli assure que la population a considérablement baissé depuis 10 ans dans la commune. Le maire sortant, Gérard Spinelli, appelle à relativiser ces chiffres.
La question de la démographie à Beausoleil s’est imposée comme un thème de la campagne municipale. Dans un post publié sur les réseaux sociaux, le candidat Nicolas Spinelli a affirmé que la commune a perdu près de 2 000 habitants en dix ans, soit plus de 16 % de sa population, et s’appuie sur les chiffres de l’INSEE pour étayer son propos. « En 2016, Beausoleil comptait 13 884 habitants. Au 1er janvier 2026, nous n’en avons plus que 11 936 », indique-t-il. Il décrit une baisse qu’il juge atypique au regard de la situation géographique de la ville : « C’est une baisse record dans le secteur, alors que nous sommes la commune la plus proche de Monaco, qui crée près de 1 000 emplois par an. » Le candidat met aussi en cause le décalage entre les prévisions et la réalité. « Le nouveau PLU affirmait pourtant noir sur blanc qu’il fallait construire 1 100 logements supplémentaires à Beausoleil car la population allait augmenter de 0,5 % chaque année. La réalité est donc contraire. » Derrière ces chiffres, Nicolas Spinelli suggère un problème plus large, qui toucherait à l’attractivité et à la capacité de la commune à retenir ses habitants.
« On ne constate pas de baisse significative » selon Gérard Spinelli
En face, Gérard Spinelli appelle à la prudence et conteste l’interprétation des données. « Il faut d’abord être prudent avec ces chiffres. L’INSEE mesure une population dite “recensée”, qui ne reflète pas toujours la présence réelle au quotidien, notamment dans une ville comme Beausoleil », nous indique-t-il. Le maire sortant dit préférer regarder les indicateurs du quotidien, ceux qui traduisent, selon lui, la réalité vécue : « Lorsque l’on observe les indicateurs concrets de la vie quotidienne, production d’ordures ménagères, fréquentation des services, effectifs scolaires, on ne constate pas de baisse significative. » Il rejette donc l’idée d’un scénario alarmant : « Je refuse donc les conclusions rapides et alarmistes. La réalité, c’est que Beausoleil reste une ville très habitée, très demandée, avec une forte pression résidentielle. » Au-delà de la querelle de chiffres, la discussion renvoie à une question que beaucoup posent à Beausoleil : le logement. La proximité de Monaco tire les prix vers le haut, et l’accès à la location comme à l’achat devient difficile pour les ménages aux revenus moyens. Mais pour Nicolas Spinelli, la baisse démographique ne se résume pas au seul marché immobilier. « La question du logement n’explique pas tout. Les communes voisines rencontrent les mêmes difficultés. Pourtant, la population n’a diminué que de 3 % à Cap-d’Ail et à Roquebrune, et elle a même augmenté de 7 % à Menton. Cela pose inévitablement la question du manque de qualité de vie et d’équipements à Beausoleil. »
Livio Orsi propose la création d’une maison des travailleurs
De son côté, l’autre candidat aux municipales, Livio Orsi, fait une proposition plus ciblée, inspirée de dispositifs déjà existants dans de grandes villes : la création d’une “maison des travailleurs”. L’idée serait d’offrir, pour les personnes disposant d’un emploi (ou d’une promesse d’embauche) sur la commune, une solution d’hébergement temporaire, équipée et adaptée : « L’idée est de pouvoir accéder à un lieu d’hébergement temporaire avec du Wi-Fi, des sanitaires adaptés et des espaces communs, précise-t-il. Ce n’est pas un dispositif de logement social classique type HLM, attribué selon les ressources mais c’est un lieu spécifiquement dédié aux travailleurs avec une protection de l’intimité et des standards modernes, comme on en trouve déjà dans certaines grandes villes, y compris à Paris. »
