jeudi 16 avril 2026
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    De nouveaux investisseurs, jeunes… et crédules

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    Les jeunes sont de plus en plus nombreux à placer leur argent, en particulier depuis 2020. Mais si l’on peut se réjouir d’une telle démocratisation de l’investissement, elle peut comprendre certains risques, en particulier chez les personnes de moins de 24 ans qui se renseignent auprès de sources informelles, investissent de manière impulsive et avec une vision souvent court-termiste.

    A partir de deux enquêtes (une quantitative, suivie d’une qualitative) menées en 2023, l’Organisation française de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié un rapport intitulé Les nouveaux investisseurs particuliers : attitudes, connaissances et comportements. Il met en lumière l’essor d’une nouvelle génération d’investisseurs, jeunes, mais parfois vulnérables…

    Engouement pour la finance depuis 2020

    Au moment de la pandémie de COVID-19 et depuis, de nombreux individus ont commencé à investir. Un phénomène mondial que l’OCDE a aussi pu constater dans l’Hexagone. Il ressort de son rapport que 12 % de la population adulte en France a investi dans un produit d’investissement pour la première fois depuis 2020. Plusieurs facteurs cumulés les ont encouragé à le faire, notamment le temps libre « forcé » en raison des confinements, l’augmentation du niveau d’épargne de certains ménages, et l’émergence de nouveaux intermédiaires en ligne (notamment lesdits « néo-brokers ») qui ont facilité l’accès aux marchés financiers. A cela se sont ajoutés des taux d’intérêt bas, des taux de rémunération de l’épargne traditionnelle faible et une conjoncture socioéconomique et géopolitique incertaine.

    Jeunes, urbains et connectés

    L’étude qualitative s’est attelée à dresser le portrait de ces nouveaux investisseurs. La majorité sont des hommes (64 %), jeunes (56 % sont âgés de moins de 35 ans), voire très jeunes (les personnes âgées de 18 à 24 ans représentent 22 % des nouveaux investisseurs, contre 6 % des investisseurs traditionnels). Une grosse partie d’entre eux vit en zone urbaine et maîtrise mieux le numérique que les investisseurs « traditionnels ». L’intérêt croissant des jeunes pour la finance est évidemment positif, mais il s’accompagne de risques liés à leur manque de culture financière et à leur tendance à adopter des comportements d’investissement plus risqués.

    Comportements impulsifs et horizon court terme

    Illustration concrète : les réseaux sociaux sont la première source d’information en matière de placements pour 41 % des investisseurs de 18-24 ans et un grand nombre d’entre eux ont déclaré que leur principale motivation pour commencer à investir provenait d’une offre repérée sur ces canaux. Ils sont 7 % à ne chercher ni conseil ni information avant d’investir. Par ailleurs, leur approche est souvent marquée par une recherche de gains rapides et ils font preuve d’une attitude plutôt impulsive lorsqu’ils investissent. 73 % des nouveaux investisseurs ont déclaré vouloir « gagner beaucoup d’argent très rapidement », et près de la moitié disent « vivre au jour le jour » sans se soucier de l’avenir. Cette vision à court terme est confirmée par le fait que 18 % d’entre eux se fixent un horizon d’investissement inférieur à trois ans, contre seulement 4 % des investisseurs traditionnels. Heureusement, ils s’engagent souvent avec des montants modestes, financés par leur épargne ou leurs revenus. Mais tout de même 7 % d’entre eux ont eu recours à l’emprunt pour investir.

    Produits financiers détenus par les nouveaux investisseurs et par les investisseurs traditionnels

    Source : OCDE

    Adeptes de crypto

    Assez logiquement, cette nouvelle vague d’investisseurs porte un intérêt fort aux crypto-actifs. Plus de la moitié (54 %) d’entre eux ont investi dans ce type de produits, contre 25 % des investisseurs traditionnels. Parmi les 25-34 ans, cette proportion grimpe même à 63 %. Le problème, c’est que cette tendance s’accompagne de méconceptions inquiétantes : 48 % pensent que les crypto-actifs ont un cours légal, et 50 % croient qu’il est toujours possible de récupérer leur mise initiale, même en cas de chute du marché. De manière plus générale, cette démocratisation s’accompagne d’un problème majeur, à savoir la culture financière limitée des nouveaux investisseurs.

    Une culture financière limitée

    Lors des entretiens réalisées dans le cadre de l’étude qualitative, la plupart des interrogés ont fait preuve d’un niveau de connaissances financières relativement faible en matière d’investissement. Le taux moyen de réponses correctes était d’environ trois sur six, les 18-24 ans étant particulièrement concernés par ces faibles scores. Par exemple, seuls 48 % des répondants reconnaissent l’importance de diversifier les investissements pour réduire le risque de perdre les fonds investis, une règle d’or pourtant répandue dans le monde de la finance. Le chiffre tombe à 42 % chez les 18-24 ans… Paradoxalement, 67 % des nouveaux investisseurs se disent confiants dans leurs connaissances financières, une surestimation qui témoigne d’un excès de confiance illégitime, et donc risqué.

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