Le ministre d’État, Didier Guillaume, est décédé « suite à une maladie fulgurante survenue lors de son hospitalisation ». Il avait 65 ans. Les obsèques se tiendront le jeudi 23 janvier en la cathédrale de Monaco.
Hospitalisé depuis plusieurs jours, le ministre d’État, Didier Guillaume, s’est éteint subitement vendredi 17 janvier à l’âge de 65 ans laissant la Principauté sous le choc. Le Prince Albert II a fait part « de son immense tristesse » et présenté « ses plus sincères condoléances à son épouse, Béatrice Frecenon-Guillaume, à ses enfants, à son frère, ainsi qu’à l’ensemble de sa famille et de ses proches. »
Dans ce communiqué, on peut lire que ce décès est la conséquence d’une maladie fulgurante survenue lors de son hospitalisation. « Le Prince tient à saluer l’engagement remarquable de Monsieur Didier Guillaume au service de la Principauté dès sa prise de fonctions le 2 septembre 2024, période durant laquelle il aura su démontrer toute sa détermination et son savoir-faire afin de réaliser des avancées concrètes sur des sujets essentiels pour l’avenir de Monaco, tant sur le plan national qu’international. Ses qualités humaines ont été également grandement appréciées », indique le communiqué officiel du palais.
Isabelle Berro-Amadeï, conseillère de gouvernement-ministre des Relations Extérieures et de la Coopération, continuera d’assurer l’intérim. Sa nomination temporaire avait été actée dès le 10 janvier dernier, lorsque l’état de santé du ministre avait nécessité son hospitalisation.
Le Prince a ordonné la mise en berne des drapeaux sur tous les bâtiments publics de la Principauté, à compter du samedi 18 janvier et jusqu’à la fin des obsèques. Par ailleurs, une minute de silence a été observée lundi à 11 heures, annoncée par une sirène invitant chacun à se recueillir. Une chapelle ardente, accompagnée d’un registre de condoléances, sera installée dans la chapelle de la Miséricorde (place de la Mairie) et ouverte au public du lundi 20 au mercredi 22 janvier, de 10h à 17h, pour permettre à celles et ceux qui le souhaitent de rendre un dernier hommage.
Après le Palais princier, le gouvernement a aussitôt fait part « de sa très vive émotion » et a présenté ses condoléances aux proches de Didier Guillaume. « Chacun gardera en mémoire le souvenir de son exceptionnelle capacité de travail, de sa passion pour la politique en faveur des femmes et des hommes, ainsi que de son esprit de rassemblement et de mobilisation. Au-delà de l’homme d’État au service du Prince Souverain, ses immenses qualités humaines lui ont permis de rapidement être apprécié à Monaco, souligne le gouvernement dans un communiqué. Didier Guillaume a su apporter à la Principauté toute l’expérience qu’il avait acquise au long d’une prestigieuse carrière au sein de l’État français. Il aura conduit sa mission avec détermination et porté les orientations définies par S.A.S. le Prince Albert II en faveur de notre pays. Le Gouvernement veillera à poursuivre dans cette voie. »
Le Conseil national a lui aussi fait part de son émotion par la voie de Thomas Brezzo, le président : « Cette terrible nouvelle nous bouleverse. Nous avions noué une relation de confiance forte et précieuse, tant sur le plan humain qu’institutionnel. Celle-ci nous a permis d’avancer ensemble sur les grands dossiers de la Principauté et les premiers effets de son engagement équilibré et pragmatique commençaient à porter leurs fruits. C’est une grande perte pour Monaco. Nous garderons en nous le souvenir d’un véritable homme d’État, au tempérament chaleureux, franc et convivial, doté de grandes qualités et de valeurs qui le guidaient dans l’exercice de ses fonctions. Didier Guillaume ne cessait de clamer son amour pour la Principauté et la fierté qu’il avait de servir S.A.S. le Prince. Il était assurément devenu, dès les premiers instants, un Monégasque de cœur. À titre personnel, je suis honoré d’avoir pu œuvrer, à ses côtés, au service de l’intérêt général.»
Le maire Georges Marsan et les élus ont à leur tour exprimé leurs condoléances aux proches de Didier Guillaume : « Depuis sa nomination, le Maire et les élus ont eu l’occasion de le rencontrer à différentes reprises. Lors de ces échanges, ils ont pu mesurer l’importance de son engagement en faveur de la Principauté et apprécier ses grandes qualités humaines.»
A la Société des Bains de Mer, Stéphane Valeri a, à son tour, adressé un message : « Notre pays perd un Ministre d’Etat à la vision claire, qui avait pris la mesure de l’équilibre dont Monaco a besoin pour se développer et pour rayonner, sous l’autorité de notre Prince Souverain. En quelques mois seulement, il avait insufflé une énergie et un engagement remarquables ; c’est ce que j’avais pu constater dans le cadre de nos fonctions respectives. Son apport au pays, de trop courte durée, aura été décisif pour l’avenir dans de nombreux domaines. Je perds un ami devenu proche, avec qui nous partagions tant d’analyses, en tant qu’anciens parlementaires. C’est une perte éprouvante et douloureuse. »
Didier Guillaume avait pris ses fonctions de ministre d’État le 2 septembre 2024. Ancien ministre de l’agriculture et de l’alimentation d’Édouard Philippe de 2018 à 2020, ce père de famille avait également occupé diverses fonctions publiques, dont celles de sénateur de la Drôme et de premier vice-président du Sénat, ainsi que de président du conseil général de ce département. Né le 11 mai 1959 à Bourg-de-Péage (Drôme), Didier Guillaume avait également été élu maire de Bourg-de-Péage (1995-2004), puis président du Conseil général de la Drôme (2004-2015), et sénateur (2008-2018). Proche de François Hollande et de Manuel Valls, il a présidé le groupe socialiste au Sénat de 2014 à 2018.
