Volontairement confidentielle et détenant le monopole en Principauté, l’Armurerie de Monaco, dirigée par Erwan Grimaud, fournit discrètement chasseurs, tireurs sportifs et policiers de la Sûreté publique.
Son existence et sa localisation vous sont certainement inconnus si vous ne faites pas partie du cercle des amateurs d’armes. L’Armurerie de Monaco, unique endroit où se procurer des armes en Principauté, est installée depuis un an et demi au troisième sous-sol du bâtiment situé 4/6 Avenue Albert II à Fontvieille. Elle propose par ailleurs munitions, accessoires de chasse et de tir ou encore coutellerie. On est loin des traditionnelles vitrines exposant ostensiblement fusils, cibles, habits de chasse voire têtes de sangliers… Sans devanture ni promotion, l’Armurerie de Monaco est ouverte uniquement sur rendez-vous et applique des règles strictes en matière de sécurité, qui vont même au-delà de ce qui est imposé par la loi.

Strictes mesures de sécurité
Le directeur ne reçoit jamais seul et dispose d’un système d’urgence en cas de problème. Toutes les armes présentes à l’armurerie (leur nombre reste confidentiel) sont des vraies, mais ne sont pas fonctionnelles. Les mécanismes sont stockés dans des coffres à part pour qu’il n’y ait pas de danger, tout comme les munitions. « On travaille étroitement avec la Sûreté publique qui nous a rappelé nos obligations. Je m’attelle à les respecter. Ce n’est pas un magasin de jouets », explique Erwan Grimaud, 34 ans, qui dirige l’établissement, peut-être davantage connu pour être à la tête d’une autre entreprise monégasque, MC Clic, spécialisée dans la fabrication de drones.

Le monopole à Monaco
Amoureux de tir sportif, il a profité de la période Covid pour passer son diplôme d’armurier et être habilité à vendre des armes. Alors que son prédécesseur, Francis Bonafede, qui tenait l’ancienne armurerie Saint-Hubert, est décédé, Erwan Grimaud a aujourd’hui le monopole à Monaco et « sur 2 km2, il vaut mieux ! », s’amuse-t-il. L’armurier assure que tous ses clients sont des passionnés, chasseurs et tireurs sportifs. La police monégasque, par ordonnance et à moins qu’il ne dispose pas des armes recherchées, doit également se fournir auprès de lui. « Ça représente un certain volume de commande », confirme-t-il, précisant « vendre des armes ne me rendra jamais millionnaire vu la faiblesse des marges ». Au-delà de la vente, l’Armurerie de Monaco intervient lorsqu’il y a des armes à détruire, dans le cadre d’une décision de justice ou d’un héritage non souhaité.


