mardi 21 avril 2026
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    La success story des frères Giudicelli à Monaco

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    Des centaines de salariés et de résidents monégasques y mangent chaque jour… Depuis 10 ans, les frères Giudicelli, Yael et Axel, gèrent l’établissement Giudi’s dans le quartier de Fontvieille. Retour sur cette success story 100 % monégasque.

    Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l’établissement Giudi’s dans le quartier de Fontvieille a été baptisé ainsi ? En papotant avec les gérants, on comprend vite pourquoi… Aux manettes de ce commerce, mi “premium fast food” mi-pizzeria, on trouve deux jeunes frères de nationalité monégasque. Leurs noms : Yael Giudicelli, 34 ans, et Axel Giudicelli, 38 ans. Pour ce duo très soudé, tout commence réellement en mars 2013. Ensemble — et alors qu’ils n’étaient âgés que de 24 et 27 ans — ils décident de se lancer dans un projet : reprendre, et surtout donner une nouvelle vie, au Zen Zen, un fast food asiatique qui ne rencontrait pas un franc succès. Qu’est-ce qui les a convaincus à franchir le pas ? « Pour le commerce, la règle numéro 1, est l’emplacement. Nous avons tout de suite vu le potentiel stratégique de ces locaux, expliquent-ils. Nous sommes tout d’abord restés huit mois sous l’enseigne Zen Zen pour analyser le marché et comprendre quelle était la demande des clients et ce qu’il manquait. Nous avons également créé un pôle livraison. Puis, nous avons décidé de tout changer. » Nouvelle décoration, nouvelle équipe et surtout, nouvelle carte. Fini la nourriture asiatique et retour aux basiques. Au menu : salades, sandwichs, tapas, burgers, wraps et autres kebabs. Chaque jour, tout est confectionné sur place par les salariés de l’établissement. Sans oublier le pôle pizza qui fait fureur grâce à la présence de deux pizzaiolos italiens qui enchaînent quotidiennement les préparations à un rythme effréné.

    Ressusciter La Bodega ?

    Si le père des deux hommes (lui-même restaurateur sur le Rocher) avait conseillé à ses fils de créer une brasserie traditionnelle (à l’image du très populaire restaurant La Bodega qui était jadis implanté au même endroit) les frères, eux, ont cru dur comme fer au concept de fast food amélioré. « Notre choix s’est porté de rester sur de la restauration rapide, car contrairement à 15 ans en arrière, les salariés n’ont plus beaucoup de temps pour déjeuner. Il faut aller très vite et servir rapidement. Les pauses sont de plus en plus courtes. La brasserie aurait impliqué un service à table, donc plus de temps, expliquent les deux frères. Et sur le port de Fontvieille, il y a déjà une offre de restauration assez élargie avec une bien plus jolie vue que celle que nous avons. On savait donc qu’il allait être très difficile de se lancer dans de la restauration traditionnelle. »

    Hommes d’affaires et ouvriers

    Côté prix, les frères Giudicelli ont aussi fait en sorte de s’adapter à la clientèle du quartier, majoritairement composée de salariés pendulaires. « Y compris à Monaco, le portefeuille a tendance à se réduire… Fontvieille est une zone de travailleurs pendulaires. Ce n’est pas la clientèle du Carré d’or. Notre politique tarifaire a donc toujours été très abordable », expliquent-ils. Chez Giudi’s, vous l’aurez compris, pas de haute gastronomie. Ici, on se restaure en ne déboursant en moyenne qu’entre 10 à 12 euros pour un repas. Et manifestement, le concept a tout de suite séduit. Dès l’ouverture de la nouvelle formule, le 13 juin 2014, le succès est au rendez-vous. Cet établissement de 250 m2 (ouvert dès 7h du matin jusqu’à 21h, du lundi au samedi) accueille en effet selon les gérants « plusieurs centaines » de clients par jour. « Ce qui est sympathique chez nous, c’est qu’on y trouve aussi bien des hommes d’affaires que des ouvriers. Des clients viennent tous les jours. Quelques habitués s’attablent même deux fois par jour, le matin et le midi. Nous discutons beaucoup avec eux. Il y a un aspect très convivial et familial. Et cela, nous y tenons. »

    © Photo Iulian Giurca / L’Observateur de Monaco

    Crise sanitaire et inflation

    Ce succès n’est toutefois pas dû au hasard.  « Nous travaillons dur pour cela », assurent-ils. « Mon frère et moi, nous sommes sur place tous les jours depuis 10 ans. Nous pouvons d’ailleurs en voir les stigmates physiques puisque nos cheveux blancs se sont considérablement multipliés…, sourit Yael, le plus jeune des deux frères. Ce n’est pas facile tous les jours. Nous avons également une sacrée concurrence avec notamment la présence de Carrefour à proximité qui vampirise beaucoup. Cela nous pousse toutefois à nous améliorer. C’est aussi ce qui est intéressant. On ne s’endort pas. Nous apportons des nouveautés dans nos produits comme des plats du jour par exemple. » Pour cette fratrie, la période la plus sensible fut incontestablement la crise sanitaire. « Comme pour beaucoup d’autres, cette période a été très difficile pour nous. Nous avons perdu énormément d’argent. Les normes sanitaires changeaient constamment avec des contrôles perpétuels. Et les plexiglas étaient devenus aussi chers que l’or massif ! » Après la crise sanitaire, ce fut la guerre en Ukraine et l’inflation qui ont été un autre coup dur pour ce commerce. « Nous utilisons énormément de friture. Or l’huile est devenue aussi chère que le pétrole. Le grenier de l’Europe étant l’Ukraine, le prix de la farine a également explosé. Nous en utilisons beaucoup pour nos sandwichs, nos wraps ou nos burgers. Nous avons dû augmenter les prix à cause de cela. Depuis le Covid, les temps sont durs. On doit s’adapter constamment. »

    Giudi's Giudicelli
    © Photo Iulian Giurca / L’Observateur de Monaco

    L’ADN familial

    Cette âme de bosseur, les frères Giudicelli l’ont sans doute puisée chez leur père, Georges. Ce restaurateur monégasque hyperactif gère en effet des commerces sur le Rocher. « Notre père nous a aiguillé et encadré. Étant donné que nous respectons fortement la valeur famille, nous l’avons toujours énormément écouté, même s’il nous a aussi laissé faire nos choix et nos erreurs. Pour le Giudi’s, par exemple, il nous a toujours donné une analyse extérieure mais il n’est jamais directement intervenu. Que ce soit au niveau opérationnel ou administratif, nous l’avons bien sûr questionné, mais il n’y a jamais eu d’action directe de sa part. » S’ils ont une petite sœur de 31 ans prénommée Lola qui a décidé de mener son propre chemin en devenant architecte, Yael et Axel, ont quant à eux choisi de travailler entre frères, synonyme selon eux « de tranquillité » et « de confiance absolue ». « C’est un avantage énorme. Quand Yael part en vacances ou quand je pars en vacances, on fait toujours en sorte que l’autre coupe complètement. C’est vraiment un plus car on ne s’interroge pas sur l’honnêteté de l’autre », indique Axel. « Je n’aurais sans doute pas réussi à en arriver-là s’il n’était pas là. Et je suppose que l’inverse est vrai aussi. Il y a une vraie fusion, ce qui ne veut pas dire qu’on ne se dispute jamais… », sourit à son tour Yael. Fort de leur complémentarité, les deux frères ont évidemment d’autres projets en tête. Prendre le relais de leur père en gérant eux-mêmes le commerce sur Monaco-Ville ? « C’est prévu, assurent les deux frères. Car on aimerait qu’il se repose un peu ». Autre projet en perspective : agrandir la terrasse du Giudi’s dans le cadre du futur projet de centre commercial de Fontvieille. Pourquoi pas, aussi, développer des franchises. Et tout ceci, toujours entre frères ? « Oui », répondent-ils, bien sûr, à l’unisson.

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