Selon la Société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM), créer une navette maritime entre Nice et Cap d’Ail n’est pas « viable économiquement » pour une société privée. Ce serait à la France et à la Principauté de subventionner un tel projet de mobilité.
Les salariés de la Principauté qui vivent à Nice devront encore s’armer de patience pour venir travailler à Monaco en navette maritime. Ce mode de transport censé assurer une liaison entre les ports de Nice et de Cap-d’Ail est toujours au point mort. Un premier appel d’offres n’avait rien donné. Un second est resté tout aussi infructueux. En cause notamment ? Aucune solution technique n’a été trouvée pour en faire une embarcation non-polluante. Au-delà de cet aspect environnemental, des questions d’ordre économique sont également au centre des débats. « Tout projet qui aiderait à désengorger les entrées et les sorties de Monaco est bien évidemment le bienvenu, indique en préambule Aleco Keusseoglou, président-délégué de la Société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM) avant toutefois d’apporter une nuance sur l’aspect économique du projet. Toutefois, son éventuelle mise en œuvre s’accompagnerait inévitablement d’un niveau de subvention important de la France et de Monaco. Un projet privé, seul, ne tiendrait pas la route, car ce n’est pas viable économiquement. D’ailleurs, un appel d’offres avait été effectué par la Métropole Nice Côte d’Azur et n’avait pas abouti. Et les raisons économiques étaient l’une des explications. » Pour quelle raison ce projet ne tiendrait-il pas économiquement pour une société privée ? «Seule une navette maritime accueillant au maximum 150 passagers pourrait être amarrée au port de Cap d’Ail. Même si cette navette effectue deux ou trois rotations, le matin et le soir, c’est bien trop peu pour être rentable, répond encore ce professionnel. Voilà pourquoi cette navette maritime, selon moi, ne peut être qu’un projet étatique. »
Pourquoi pas un amarrage à Monaco ?
Autre question qui se pose : pourquoi cette navette qui servirait en grande partie à transporter les salariés français pendulaires qui travaillent en Principauté, ne ferait pas halte dans un port monégasque ? Selon les autorités monégasques, ce sont de lourdes difficultés administratives qui empêcheraient cette option.« Nous avons commencé à réfléchir à une manière d’accueillir la navette au port de Fontvieille. Mais l’étude n’a pas été très loin car le fait, pour un transport public, d’être transfrontalier posait d’importants problèmes juridico-administratifs », confirme Olivier Lavagna, directeur général de la SEPM.D’ailleurs, actuellement, la Principauté se prépare à répondre à l’appel d’offres qui sera lancée lorsque l’actuelle concession de Cap d’Ail arrivera à son terme en 2027. « Et il est clair que dans le cadre de cet appel d’offres, nous réfléchissons à un poste pour y amarrer une navette maritime », poursuit Olivier Lavagna. Dans ce dossier, peut-on d’ailleurs imaginer que la SEPM prenne le lead jusqu’à piloter le projet ?« Non, ce n’est pas dans nos prérogatives, ni nos compétences, répond encore ce professionnel.Notre rôle dans ce projet est de rechercher un amarrage et un positionnement pertinents vis-à-vis des connexions aux autres modes de transport. Si nous pouvons en revanche contribuer positivement aux réflexions, nous le ferons volontiers. »
