Débutées il y a huit ans, les négociations entre Monaco et l’Union européenne sont « suspendues » a annoncé un communiqué officiel du gouvernement monégasque. En cause ? Une « impossibilité de concilier les exigences de l’Union européenne avec les lignes rouges arrêtées par le Prince, dès l’ouverture de ces discussions. »
Après huit années de discussions tantôt à Bruxelles, tantôt en Principauté, l’accord d’association entre Monaco et l’Union européenne prend un nouveau tournant… Via un communiqué officiel transmis ce jour, le gouvernement monégasque annonce que les négociations sont tout bonnement « suspendues. » Comment en est-on arrivé à ce scénario ? Hier, jeudi 13 septembre, Isabelle Berro-Amadeï, conseiller de gouvernement-ministre des Relations Extérieures et de la Coopération, a rencontré, à Bruxelles, Maroš Šefcovic, vice-président exécutif de la Commission européenne.
Au cours de cet entretien, la délégation monégasque a rappelé « les grands principes » qui fondent l’identité de la Principauté, « auxquels les Monégasques sont très attachés et qui ont été précisés dès le début des négociations ». De son côté, Maroš Šefcovic a confirmé l’objectif de la Commission européenne : celui de signer un accord d’association d’ici la fin de l’année 2023 sur la base du mandat que lui a confié le Conseil de l’Union européenne, fondé sur le respect des quatre libertés de circulation (personnes, capitaux, services et marchandises) et la préservation de l’intégrité et de l’homogénéité du marché intérieur. « Au terme d’un échange franc et cordial, les participants ont dressé le constat partagé d’une impossibilité de concilier les exigences de l’Union européenne avec les lignes rouges arrêtées par S.A.S. le Prince dès l’ouverture de ces discussions, qui visent à s’assurer du maintien des conditions actuelles de vie, de travail et de logement des nationaux et des résidents en Principauté, précise le gouvernement monégasque dans un communiqué. Dans ce contexte, les deux parties sont convenues que les conditions n’étaient pas réunies dans le cadre du mandat actuel de l’Union européenne pour conclure un accord et se sont entendues pour suspendre les négociations. »
Rappelons que si la partie européenne souhaitait signer un accord d’association d’ici la fin de l’année 2023 avec Monaco, c’est en raison des élections au Parlement européen qui se tiendront en juin 2024, lesquelles seront suivies de la désignation de la nouvelle commission. Les négociations entre la Principauté et Bruxelles ne devraient donc pas reprendre de sitôt.
