jeudi 30 avril 2026
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    Cet institut à Monaco forme des infirmiers et des aides-soignants

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    Josette Piazza-Cadiou est la directrice de l’institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Monaco depuis décembre 2020. Elle explique à l’Observateur de Monaco comment celui-ci fonctionne et quel avenir peut s’augurer pour les étudiants qui y font leurs études

    « Nous sommes une petite structure. Nous arrivons bien à travailler avec l’hôpital support. » Josette Piazza-Cadiou connaît bien l’IFSI de Monaco où elle exerçait depuis 2014 comme formatrice avant d’en prendre la direction fin 2020. Dans cet établissement se côtoient aussi bien des étudiants infirmier qu’aide-soignant. Le premier cursus exige trois années d’études, alors que le second seulement 11 mois. Avec un processus de sélection qui a largement évolué depuis l’entrée en vigueur de Parcoursup, la plateforme Web destinée à recueillir et gérer les vœux d’affectation des futurs étudiants de l’enseignement supérieur français, l’IFSI doit composer avec de jeunes étudiants à peine sortis du lycée et des adultes plus âgés en formation professionnelle continue. En tout, le quota est de 90 places sur les trois années d’études d’école d’infirmière. Les aides-soignants bénéficient de deux promotions de 20 et 17 places. La moyenne d’âge se situe à 21,88 ans. « Depuis l’instauration de Parcoursup en 2019, puisque nous avons un diplôme français, il n’y a plus de concours d’entrée aux écoles d’infirmière. Sachant que notre diplôme est validé depuis l’ouverture de l’IFSI en 1929 », relate Josette Piazza-Cadiou.

    « L’attractivité de l’hôpital prend sens »

    Concernant le profil des étudiants, il s’agit essentiellement encore d’étudiantes. « Sur toutes les promotions, nous avons plus de femmes que d’hommes. Chez les étudiants infirmiers, j’ai quatre garçons en première année, deux en deuxième année, et un en troisième année. Ça reste encore très féminin. Chez les aides-soignants, il y a trois garçons sur la rentrée de janvier et trois garçons sur la rentrée de septembre. Nous avons peut-être un peu plus d’aides-soignants masculins parce que c’est un ascenseur social. S’ils sont agent de services hospitaliers (ASH), cela leur permet de bien évoluer car les salaires d’aides-soignants ont été réévalués », explique la directrice. D’un point de vue de la provenance, cette année à la rentrée, les élèves venaient de Beausoleil, Cap d’Ail, Menton, Roquebrune-Cap-Martin, Saint-Agnès, Gorbio et Castellar. Mais il y a aussi une étudiante qui vient de Strasbourg, une de Bordeaux, une du Cannet des Maures et trois de Corse. Et la directrice en est persuadée : « En général, les gens qui viennent dans notre école ont envie de travailler chez nous. L’attractivité de l’hôpital prend sens. Je le ressens comme ça. J’ai de fréquentes demandes d’étudiants pour savoir s’ils seront embauchés au CHPG à l’issue de leur formation. »

    Josette Piazza Cadiou IFSI
    « Je pense que ça a beaucoup de sens que de travailler avec les émotions positives des étudiants et leur montrer ce qu’ils savent faire. Si on met quelqu’un en situation positive d’apprentissage, on aura quelqu’un qui osera. » © Photo L’Observateur de Monaco

    Une envie de bien faire

    Un fort partenariat s’est donc instantanément mis en place entre l’IFSI, service de l’hôpital, et la direction du centre hospitalier princesse Grace. « Nous sommes vraiment des partenaires. Je travaille de concert avec l’hôpital, avec la direction des ressources humaines, avec les tuteurs, avec la direction des soins. Je suis un service de l’hôpital mais je me sens vraiment investie de tout ce travail. On se parle, on débriefe. De part et d’autre, il y a une envie de bien faire », confie la directrice de l’IFSI. D’après elle, cette synergie serait rendue favorable par les stages exercés par les étudiants durant leur formation. « L’avantage, c’est que lors de leur formation, les élèves se sont acculturés et peuvent très vite mettre les chaussons de l’infirmier. Le CHPG est une très belle ressource pour les possibilités de stage avec de très bons tuteurs qui ont envie de propulser et de faire avancer nos jeunes étudiants. » Cette structure adossée à un établissement de renom constitue donc une spécificité positive.

    Monter en compétence

    Autre point fort pour la directrice, le fort accent mis sur la formation professionnelle continue par le CHPG pour son personnel. « Ce qui veut dire que le CHPG finance la formation de ces professionnels comme s’ils étaient en poste avec salaire intégral et aide pour l’achat de tout ce qui est nécessaire comme matériel. Ils sont choyés. En contrepartie, ceux-ci s’engagent à travailler un certain nombre d’années au CHPG. Mais comme ils sont titulaires, ils ne s’en vont pas », développe-t-elle. Sur les trois années, il y a actuellement 12 étudiants qui sont financés. « Nous sommes aussi attractifs grâce à cette politique de financement. C’est un bel atout. » Passer d’agent de services hospitaliers à aide-soignant ou bien passer d’aide-soignant à infirmier font partie des possibilités offertes. L’IFSI propose aussi de multiples spécialisations après le cursus d’infirmière : puéricultu(re) qui peut se faire en continuité d’étude de 18 mois ; infirmièr(e) de bloc en continuité d’étude sur 2 ans ; infirmière anesthésiste qui nécessite d’abord 2 ans en poste d’infirmier pour pouvoir présenter le concours ; infirmière de pratiques avancées qui requiert une expérience de 2 ans dans la spécialité choisie ou encore cadre de santé dans des fonctions de manager d’équipe ou de formateur en IFSI. « Nous avons un hôpital qui promeut toutes ses spécialisations. Cela permet de monter en compétence. »

    Quelques abandons

    Si les petites promotions permettent un accompagnement personnalisé et individualisé, il arrive tout de même que certains élèves décident d’abandonner la formation en cours de route. L’année dernière, dès le premier stage, quatre étudiants sont partis. Deux d’entre eux ont expliqué à la directrice ne pas pouvoir toucher un malade… « Dans les autres structures, je sais que c’est le cas d’une douzaine de jeunes. C’est vraiment la différence notable avec le concours. Nous n’avions pas de départ parce que c’était un choix de carrière mûrement réfléchi », réagit Josette Piazza-Cadiou. D’où l’attention portée sur l’accompagnement. « Nous sommes sur une génération qui a besoin d’être rassurée et reconnue. Ce mode de sélection ne les rassure pas. L’univers de l’hôpital n’est pas simple avec la souffrance des patients. Il faut les mettre en situation de sécurisation. Et ça, les tuteurs et les services l’ont bien compris. Je pense que ça a beaucoup de sens que de travailler avec les émotions positives des étudiants et leur montrer ce qu’ils savent faire. Si on met quelqu’un en situation positive d’apprentissage, on aura quelqu’un qui osera. »

    Retour de stage encadré par une psychologue

    Depuis le Covid, l’IFSI a également mis en place une supervision des retours de stages par une psychologue clinicienne en groupe et individualisé (si besoin). « Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des situations émotionnelles à travailler. Il s’agit de compétences non académiques mais primordiales dans cette formation. Cela leur permet de se donner une posture vraiment très bien au fur et à mesure en stage », indique la directrice. Autre point fort, la possibilité de proposer à la location 15 studios à partager (donc 30 places au total) dans un immeuble à proximité de l’école pour les étudiants qui viendraient de loin. « D’autre part, sur le plan financier, des aides sont possibles par la Croix-Rouge monégasque. Le CHPG propose aussi des bourses d’études à partir de la 2ème année », complète la directrice. Les stages sont organisés essentiellement sur le CHPG et sur les autres établissements de la principauté. Les tuteurs de stage sont formés par l’IFSI. « Nous recevons des financements de la Principauté et non de la France donc il faut bien que je les forme pour les besoins de la Principauté en priorité », justifie Josette Piazza-Cadiou.

    Parrain et marraine de renom

    Pas forcément étonnant alors qu’en 2022, ce soit près de 2040 personnes qui s’étaient positionnées en premier choix sur l’IFSI de Monaco alors qu’il n’y a que 20 places de disponible. Et dès leur arrivée, le premier objectif est de créer de la cohésion de groupe grâce au système unique de parrainage de promotion. « Le parrain ou la marraine de promotion, c’est l’ADN de l‘IFSI de Monaco. Cela a été institué depuis l’ouverture en 1929. Au démarrage, il s’agissait de personnages illustres qui n’étaient plus vivants. Puis cela a évolué en faveur de parrains et marraines vivantes qui pouvaient avoir des liens avec les étudiants », détaille la directrice. Ce sont les étudiants de première année qui effectuent la sélection. Ensuite, il convient de savoir si ceux-ci sont d’accord. « Par exemple, l’année dernière, les premières années ont vu le film d’Elie Semoun (Mon Vieux, NDLR) qui était présent et avec qui ils ont pu discuter. Ils ont souhaité le choisir comme parrain et il a dit oui. De fait, en deuxième année, ces mêmes jeunes ont fait un travail en santé publique et ont choisi de travailler sur les aidants sur la pathologie d’Alzheimer. Ça soude le groupe. Ça les questionne sur leur futur métier d’infirmier et les valeurs qu’ils partagent avec leur parrain », espère Josette Piazza-Cadiou. Et cela donne aussi une aura supplémentaire au petit établissement monégasque qui peut faire parler de lui et ainsi attirer de nouveaux élèves.

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