Que va devenir le Sporting d’été ? Si pour le moment, aucun projet de démolition/reconstruction ou d’agrandissement n’est dans les cartons, l’avenir de ce vieillissant bâtiment datant des années 70 devra tôt ou tard être discuté par les autorités monégasques et la Société des Bains de Mer.
La question a été posée lors de l’assemblée générale des actionnaires, le 23 septembre dernier. Le Sporting d’été construit il y a plus de 45 ans — et sa mythique salle des étoiles — va-t-il être détruit au profit d’un autre projet, plus grand et plus moderne ? « Il n’y a pas de projet immédiat à l’étude, a répondu le président-délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti. Il n’y a rien de précis, ni même de vaguement anticipé. En revanche, il est certain que ce building est en train de devenir obsolète. On l’a ouvert en 1975, il a donc son âge, et la technologie de l’époque. » Si la salle en elle-même serait technologiquement « pas totalement dépassée » à en croire les chanteurs, groupes et producteurs qui s’y produisent, les coulisses, vieilles, elles aussi, de plus de 40 ans, auraient besoin d’un sérieux coup de neuf.
Un business model qui a changé
Mas au-delà de l’aspect technlogique et esthétique, cette mythique, mais petite, salle de concert ne correspondrait plus au business model du monde de la musique qui a beaucoup changé. « Avant les artistes gagnaient beaucoup d’argent avec les disques. Désormais, ce n’est plus le cas avec l’arrivée du streaming. Par conséquent, le gros du revenu des artistes ce sont les concerts, et pour faire de gros revenus, il faut faire de grosses salles », a-t-il précisé. De plus, les producteurs qui louent ces vastes espaces de concert exploitent d’autres sources de revenus que la billetterie, notamment la vente de produits dérivés et éventuellement la buvette. « Les artistes sont habitués à ce type d’offre et d’économie qu’on ne peut pas leur offrir à Monaco. Nous n’avons pas une billetterie importante, on ne vend pas de tee-shirts à la sortie du concert, et le vin qui est vendu est celui de la SBM… Du coup, il y a eu une inflation des cachets », a-t-il rajouté. A titre d’exemple, la SBM avait réfléchi à la possibilité de faire venir Bruce Springsteen sur la place du Casino l’été prochain pour une soirée. « Cela vous fait rêver ? Eh bien maintenant, je vous donne le cachet : c’est 3 millions de dollars… Cela a été la douche froide », a-t-il lancé.
La vision de Biamonti
Bien qu’il ne sera pas l’homme qui chapeautera le futur Sporting d’été, Jean-Luc Biamonti a toutefois donné sa vision du projet si une démolition/reconstruction était décidée. « Si j’avais une baguette magique, il faudrait effectivement refaire ce building pour l’agrandir. Ma vision, ce sont trois étages d’entertainement. C’est-à-dire une grande salle de spectacles, une boîte de nuit, des restaurants, une sorte de mini-Vegas, et au-dessus, bâtir 20 ou 30 étages d’hôtel et de résidences pour payer le tout… Dans ce cas-là, on aurait deux produits. Un produit glamour James Bond, Aston Martin, smoking sur la place du Casino, et ici, un produit un peu plus mass market plus “Vegas”. »
