Après sa troisième victoire en pro en juillet dernier, Hugo Micallef attaque la préparation de son prochain combat de boxe prévu en octobre. Régime alimentaire très strict et entraînement intensif quotidien, aux Canaries, le Monégasque ne compte pas baisser sa garde.
Gauche. Droite. Uppercut. Dans la vie comme sur le ring, Hugo Micallef ne lâche rien. Après avoir vaincu Mauro Loli aux poings pour son troisième combat chez les professionnels, il se prépare à un nouveau duel programmé le 14 octobre à Monza, en Italie. Pour gagner, le grand espoir du sport monégasque et ami d’enfance du pilote Charles Leclerc met toutes les chances de son côté. « Je m’entraîne plus de vingt heures par semaine et mes repas sont livrés par une entreprise spécialisée qui calcule tous les apports dont j’ai besoin en fonction des recommandations de mon nutritionniste », explique le jeune prodige de 24 ans. « Je mange et bois exactement ce qu’il y a dans la diète, rien d’autre. Le dimanche, si je n’ai pas de combat très proche, je me fais un cheat meal. Clairement, ça veut dire que je me casse le bide ». Et pour ça, rien de telle qu’une bonne pizza.

« Aux Canaries, je suis un moine »
Même s’il habite désormais sur une île très touristique, Hugo Micallef ne laisse pas de place aux débordements. « Je ne sors pas beaucoup aux Canaries. Toute ma journée est centrée sur l’entraînement et j’évite de me fatiguer avant ou après. Si je veux faire les boutiques ou aller à la plage, je le fais le dimanche. » Le super-léger de 63,5 kg reste concentré, et, secret de champion, il ne fait jamais l’impasse sur la sieste. « C’est hyper important, je n’en rate pas une, même quand je ne suis plus en camp d’entraînement. Si je n’étais pas avec vous cet après-midi je dormirais », s’amuse-t-il à préciser. Quand il n’a pas les gants serrés aux poignets, il s’adonne aussi à sa passion première : le dessin. « Je dessine souvent sur ma tablette et je partage ce que je fais sur Instagram. Ça me permet d’avoir un objectif. 30 % des questions que je reçois tournent autour de mes œuvres. Je suis assez surpris. On me demande même où est-ce qu’on peut les acheter », s’étonne-t-il.
« J’avais 7 ans, mon père a été lynché par un groupe d’individus et laissé pour mort. Peu de temps après j’ai voulu m’inscrire dans une salle »
La boxe, de père en fils
Loin de sa famille et de ses amis, Hugo Micallef sait qu’il peut compter sur le soutien de son coach, Carlos Formento, avec qui « ça a tout de suite matché ». L’Espagnol le conseille depuis deux ans, tout comme l’a fait son père, le boxeur Andrei Micallef, quelques années auparavant. « Mon père a été mon premier manager. Il m’a suivi dans tous mes combats en boxe olympique. Sur ses réseaux sociaux, il n’y a que des photos de moi et de notre chien ». Hugo Micallef fait la fierté de son père, d’autant que c’est lui qui l’a inspiré. « Je regardais les cassettes de ses combats, ça m’a mis l’idée dans la tête », mais l’élément déclencheur a été l’agression de son modèle sous ses yeux. « J’avais 7 ans, mon père a été lynché par un groupe d’individus et laissé pour mort. Peu de temps après, j’ai voulu m’inscrire dans une salle. » Depuis, il vise toujours plus haut. Une médaille aux Jeux olympiques de Paris en 2024 et la ceinture de champion du monde d’ici trois ans. « Il me manque encore de l’expérience mais je pense en être capable. Être le premier champion du monde monégasque serait incroyable. Le mieux, serait d’organiser le match à Monaco. Avec ma promotion Top Rank c’est déjà dans les plans », assure le boxeur à la gueule d’ange.
« Tous les moyens sont bons pour se documenter sur son adversaire, y compris les réseaux sociaux. On essaye de trouver des failles mentales, des complexes, et de les exploiter lors de la pesée qui est une sorte de show »
Un mental verrouillé
En attendant l’installation d’un ring sur la place du Casino, Hugo Micallef est comme toujours, confiant pour son prochain combat. « La boxe repose sur la technique mais surtout sur la confiance. Il faut y aller en vainqueur. Il n’y a pas de place pour les doutes. On parle quand même d’un sport qui peut blesser et même tuer », rappelle le boxeur professionnel qui avoue avoir quelques superstitions avant le premier coup de gong. « Quand le combat commence, j’applique purement et simplement la stratégie. » Une stratégie qui se prépare le plus tôt possible, dès l’identité de l’adversaire dévoilée. Et tous les moyens sont bons pour se documenter, y compris les réseaux sociaux. « On essaye de trouver des failles mentales, des complexes, et de les exploiter lors de la pesée qui est une sorte de show. Ça ne plaît à personne honnêtement, on dit que je suis arrogant, mais si la personne est touchée dans son égo, elle va monter sur le ring sans penser à sa technique, et ça ne fonctionne pas en boxe. Ce n’est pas du tout un sport de mecs énervés ou musclés. »
« La boxe, c’est l’école de la vie. On apprend à encaisser les coups, à tomber et à se relever »
Légitimité
Pas simple de s’imposer sur la scène internationale quand on est le seul boxeur de la Principauté. « Quand je boxais en France lorsque j’étais petit, j’étais très mal vu. Je suis Monégasque, j’arrivais avec mon père, mon grand-père et mon coach, mais les gens pensaient que c’était mon coach, mon préparateur physique et mon médecin. Il y a eu beaucoup de ragots de ce genre et pas mal de jalousie », se souvient Hugo qui n’a jamais jeté l’éponge. « On nous le répète depuis petit : la boxe, c’est l’école de la vie. On apprend à encaisser les coups, à tomber et à se relever. » Mais il l’assure, depuis qu’il est passé professionnel, il a gagné en légitimité. Et c’est finalement, entre autres, grâce à Monaco que les dirigeants de Top Rank l’ont repéré. « Que leur meilleur boxeur américain de la société perde c’est une chose, mais face à un Monégasque, c’est tout de suite plus particulier », se remémore Hugo le sourire aux lèvres, déterminé à envoyer au tapis son prochain adversaire.
