jeudi 30 avril 2026
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    L’hôpital monégasque est-il moins attractif ?

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    Les CV se font rares sur le bureau de la direction du CHPG. Depuis quelques années, l’hôpital monégasque est moins attractif, et c’est d’autant plus vrai depuis la crise sanitaire. Pour le personnel en grève, les salaires ne sont pas à la hauteur du coût de la vie

    Selon le syndicat des agents hospitaliers (SAH) en grève deux mardis de suite au mois de juin, la crise du Covid-19 a mis en exergue une problématique de longue date… Celle de l’attractivité. Comme partout en France, pendant et après la crise sanitaire, des soignants à bout de souffle, ont fait le choix de rendre leur blouse blanche. D’autres, non-vaccinés, on été suspendus (une soixantaine selon le syndicat). Problème : pour remplacer ce personnel, il n’y a pas foule. Si l’hôpital a fonctionné pendant des années avec une réserve d’embauche très importante, ce n’est plus le cas aujourd’hui. « Avant, il y avait des dizaines voire des centaines de CV déposés spontanément ce qui permettait à l’hôpital de réellement faire son choix et de prendre un personnel de qualité. Aujourd’hui, il n’y a aucune réserve. On parvient juste à boucher les trous par des CDD en prenant les premières personnes qui se présentent. Les embauches sont vraiment difficiles », se désole Olivier Ciquet au milieu de la foule. Ce kinésithérapeute l’affirme, cela fait des années que l’hôpital a perdu en attractivité, et la crise sanitaire a simplement mis en exergue ce problème. « Habituellement, les personnes qui étaient formées sur place, dans les deux instituts du CHPG, étaient à 80 ou 90 % embauchées à l’hôpital. Aujourd’hui il y a très peu d’infirmiers à la sortie de l’école qui désirent rester », regrette celui qui est aussi secrétaire général adjoint du SAH.

    « Avant, il y avait des dizaines voire des centaines de CV déposés spontanément ce qui permettait à l’hôpital de réellement faire son choix et de prendre un personnel de qualité. Aujourd’hui, il n’y a aucune réserve. Les embauches sont vraiment difficiles »

    La qualité de vie s’est dégradée

    Francesca Sgomeli, une aide soignante, remarque que si le tableau des effectifs est rempli, c’est aussi au détriment de certains employés. « Ils ont passé des gens en 12 heures et d’autres doivent faire avec des horaires découpés », regrette la secrétaire générale du syndicat. Beaucoup de salariés préfèrent rester ou partir en France, car ils ne trouvent plus leur compte en Principauté. « Cela fait quelques années que l’écart entre la France et Monaco se creuse. Le pays voisin a joué avec des primes, des augmentations de grilles de salaires, donc cet écart au fur et à mesure s’est diminué. Aujourd’hui, c’est vraiment flagrant. L’écart (pour le même taux horaire) est réduit à zéro pour certaines catégories. Si l’on prend en compte les temps de trajets, on perd au niveau financier et en qualité de vie », remarque l’infirmière et membre du SAH, Peggy Lantrade. Selon le syndicat, 70 % du personnel arrive de France, et avec le prix des carburants qui augmente, la balance ne penche pas en faveur du CHPG. « J’ai des collègues qui viennent du Var pour travailler », lance l’aide-soignante, qui souligne aussi les problèmes de stationnement. Autre particularité monégasque : le temps de travail, ici fixé à 37 h 30 par semaine. « À Monaco, nous avons touché l’équivalent de la prime Segur de la France, c’est-à-dire 183 euros. Nous demandons 138 euros de plus pour l’ensemble du personnel soignant », explique à son tour Olivier Ciquet

    grève chpg
    © Photo L’Observateur de Monaco – Sarah Incari

    Soignant, un métier qui fait de moins en moins rêver

    Les applaudissements pendant le Covid-19 en sont la preuve, le métier de soignant est valorisé aux yeux de tous. « On nous dit souvent bravo pour ce que vous faites. Pour autant, nous avons toujours des conditions de travail difficiles. En ce jour de grève par exemple, beaucoup de nos collègues sont réquisitionnés pour maintenir les soins. C’est du travail les jours féries, les week-ends et la nuit », fait remarquer l’infirmière Peggy Lantrade, en précisant que le personnel est essentiellement féminin. « Nous sommes environ 80 % de femmes. Des mamans qui doivent gérer avec des enfants parfois en bas âge ». Et si la reconquête concerne autant les hommes et les femmes, elle touche aussi toutes les catégories. « On manque d’attractivité même au niveau des services techniques. Il n’y a pas assez de plombiers, de maçons, d’électriciens… C’est inédit. Tout l’hôpital est concerné », indique Olivier Ciquet. Selon les grévistes, la direction prend doucement conscience de la situation, mais les réponses ne sont pas suffisantes. Si rien ne change, le personnel compte redescendre dans la rue en septembre, pour leur bien-être, et finalement, celui des patients.

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