Que ce soit dans les restaurants, les grandes surfaces ou les écoles, la mairie de Monaco et l’association MC2D œuvrent depuis plusieurs années pour réduire le gaspillage alimentaire en Principauté. Tour d’horizon de leurs actions.
Il y a déjà onze ans, la mairie de Monaco ainsi que l’association MC2D décident de mettre en place “Les Jeudis Verts”, des réunions de rencontres et de débats ouverts à tous. Lorsque l’une d’elle porte sur le gaspillage alimentaire, une vraie révélation éclate. « On a décidé d’aller un peu au-delà, et de ne pas rester sur de la sensibilisation et de l’information », annonce le président de l’association MC2D, Raoul Viora. Lors de cette conférence, beaucoup de restaurateurs et de particuliers ont montré un grand intérêt pour cette cause qui nous concerne tous. En effet, beaucoup de questions, interrogations et attentes se font ressentir dans l’audience, comme le souligne à son tour Marjorie Crovetto-Harroch, deuxième adjointe au maire, déléguée au Cadre de Vie, à l’Environnement et au Développement Durable. « On s’est rendu compte qu’il y avait de la place pour développer quelque chose. » Aussitôt le constat effectué, ces deux entités décident de s’unir et espèrent intégrer d’autres acteurs au projet.
Les restaurateurs au centre de l’assiette de l’initiative
Les restaurateurs sont les premiers à se rapprocher de la mairie à la suite d’un constat de plus en plus saisissant : le gaspillage alimentaire est grandissant dans leurs établissements. Dès lors, le projet “Monaco s’engage contre le gaspillage alimentaire” voit le jour. Sous l’impulsion de chefs de renom comme Philippe Joannès, le gaspillage alimentaire au sein des établissements et des buffets devient un aspect essentiel de cette lutte. L’idée des plats à emporter fait donc naturellement son entrée dans l’initiative. Mais pour que la sauce prenne, il fallait faire redescendre la température sur un sujet brûlant : la possible mise en cause du professionnel si un client repart avec sa nourriture et qu’il lui arrive un petit souci. « Nous avons fait une action au niveau de la loi », précise Raoul Viora. A ce niveau, les textes législatifs précisent que lorsqu’un client quitte un restaurant avec de la nourriture, dans un doggy bag, celle-ci lui appartient. Si son mode de conservation est défaillant et entraîne des indigestions ou autres incommodités, la faute n’incombe qu’au client. Une fois la denrée sortie de l’établissement, elle n’appartient plus au restaurateur. Il ne peut ainsi être mis en cause. « Il fallait cadrer les choses et cela a été précisé », poursuit-il. Pour se faire, la mairie et l’association ont travaillé avec la direction de l’action sanitaire (DASA) afin de rassurer encore les professionnels qui avaient des craintes. Comme l’ajoute l’adjointe au maire : « il a d’abord fallu les rassurer ». Chose qui semble avoir fonctionné puisque cette initiative regroupe aujourd’hui 40 restaurants monégasques. Le petit dernier est le restaurant de l’hôtel Columbus, rentré dans les rangs le mois dernier.

La naissance de La Petite Boîte
Vous l’avez sans doute croisée dans les rues de la Principauté. Petite, rouge et blanche, au design épuré, La Petite Boîte est l’accessoire indispensable pour tous ceux qui veulent être plus éco-responsables. Initialement appelé “doggy bag”, cet emballage qui regroupe vos restes de restaurants se devait d’avoir un nom « plus glamour qui correspond à Monaco », comme l’affirme Marjorie Crovetto-Harroch. Dans cette continuité de plaire, ce contenant est en carton recyclé et non en aluminium. Mais d’où vient son nom ? D’après Raoul Viora : « c’est dans cette salle d’ailleurs (salle des mariages de la mairie où s’est déroulé l’entretien — N.D.L.R.) que le nom a été choisi. Quelqu’un a dit « mais c’est une petite boîte finalement » et la petite boîte est née ». Ce petit emballage rencontre un fort succès, avec une augmentation des commandes de 47 % entre 2017 et 2019, également due au nombre de restaurants participants qui augmente. Mais la nourriture n’est pas le seul gaspillage qui sévit dans les établissements de bouche. « D’emblée, on avait aussi ciblé les bouteilles », assure-t-il. Ce n’est jamais très bon de laisser un fond de bouteille, alors plutôt que de se forcer à la finir ou de la laisser mal vieillir, un sac spécial a également été créé pour pouvoir la ramener chez soi. Si elle a également été bien accueillie avec environ un millier d’exemplaires, c’est parce qu’elle représente un argument de vente incontestable selon l’adjointe au maire : « Plutôt que de commander un verre de vin, proposez aux clients de prendre une bouteille avec laquelle ils pourront repartir ». Et si cela ne suffisait pas pour convaincre les professionnels de rejoindre l’initiative, la gratuité l’a peut-être fait. En effet, les petites boites et les sacs pour bouteilles sont à la charge de la mairie et de l’association.
