Si vous avez perdu votre emploi à Monaco suite à la crise sanitaire, vous pourrez peut-être solliciter l’une des aides mises en place par les autorités monégasques.
Tour d’horizon.
20 ans d’ancienneté à Monaco : le coup de pouce de l’Etat
Si vous avez travaillé au moins 20 ans à Monaco de façon continue ou discontinue chez un ou plusieurs employeurs, et que vous avez été licencié pour motif économique en raison de la crise sanitaire, une aide à l’embauche a été instaurée spécifiquement pour vous. Concrètement, en vous recrutant, l’employeur bénéficiera d’un remboursement de charges patronales (CCSS, AMRR, ASSEDIC, CET) pour une durée de 6 mois.
Aides à la jeunesse
Les jeunes ont-ils afflué massivement au service de l’emploi durant la crise sanitaire ? Pas vraiment, à en croire le service de l’emploi. En revanche, la cellule emploi-jeunes assure « rester très active » pour aider les jeunes entre 16 et 26 ans, et ce, quel que soit leur niveau d’étude ou leur recherche d’emploi (stage, contrat d’apprentissage, job étudiant ou premier emploi). En plus des démarches classiques de prospection d’emploi, plusieurs mesures pour favoriser l’embauche de la jeunesse à Monaco ont été mises en place :
- Le stage de pré-embauche : pendant trois mois, un candidat stagiaire est formé par l’entreprise, préalablement à son recrutement.
- Le parrainage : cette mesure consiste à mettre en relation un demandeur d’emploi avec un professionnel (le parrain/ marraine) qui exerce dans le domaine d’activité dans lequel le demandeur souhaite travailler. Objectif : l’aider dans sa recherche d’emploi (conseils individualisés, outils, méthodes, etc.
- Une nouvelle « aide à l’emploi des jeunes » : pour faciliter davantage l’insertion des jeunes en ces temps particuliers, cette nouvelle aide a été mise en place. Elle propose un remboursement des charges patronales pendant deux ans aux jeunes de moins de 26 ans (sous certaines conditions).
Une commission “retour à l’emploi“
Comme son nom l’indique, cette commission a pour vocation de remettre les salariés dans le bain professionnel après une perte d’emploi liée au Covid-19. Dans les faits, la direction du travail et le service de l’emploi rencontrent de façon trimestrielle les représentants des syndicats patronaux. Le service de l’emploi présente alors des profils de salariés potentiellement intéressants aux employeurs du secteur d’activité concerné. « Le syndicat concerné fait part de ses besoins spécifiques en matière de gestion des ressources humaines (besoins en recrutement, formation…). Ils font ensuite le relais auprès des employeurs ainsi qu’un retour au service de l’emploi sur les profils présentés », nous explique-t-on. A début décembre, le service de l’emploi avait ainsi transmis 19 CV à la commission du secteur hôtellerie, et 37 CV à la commission du secteur bâtiment.
En 2020, l’Etat monégasque a dépensé 110 millions d’euros pour sauver des emplois
Le gouvernement l’a répété à plusieurs reprises : le chômage total temporaire renforcé (CTTR) a été un véritable « bouclier protecteur de l’emploi » à Monaco. « Cela a été un effort financier sans précédent, confirme Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé. « Le gouvernement s’était engagé dès le début de la crise sanitaire à maintenir l’emploi et l’activité. Il aura consacré à la fin de l’année 2020 près de 110 millions d’euros, soit 10% de son budget, aux différentes aides, dont le CTTR, indique ce membre du gouvernement. Le pays l’a fait alors qu’il n’avait pas encore perçu les cotisations de risque chômage des employeurs et des salariés. A partir du budget de l’État, nous avons donc dû bâtir très rapidement et de toutes pièces, un système qui, en définitive, a fonctionné convenablement. » Selon Didier Gamerdinger le CTTR a en effet permis de donner des perspectives et une visibilité « aux employés et aux employeurs. » Le dispositif va perdurer jusqu’au mois de mars 2021 « et au-delà si c’est nécessaire », s’est également engagé ce membre du gouvernement.
Formations professionnelles : beaucoup de demandes à Monaco
L’arrêt brutal d’activité imposé par la crise du Covid-19 a obligé de nombreux salariés à se reconvertir et à changer totalement de voie. Est-ce aussi le cas à Monaco ? Selon le service de l’emploi, il n’y a pas eu en principauté une augmentation notable de projet de reconversion professionnelle, mais plutôt des demandes d’accès à des formations professionnelles. « Beaucoup de demandeurs d’emploi souhaitent profiter du temps de recherche un peu plus long en cette année particulière, pour se former à des compétences complémentaires, ou ajouter de nouvelles qualifications à celles déjà acquises de par leur expérience », nous indique-t-on. Le service de l’emploi veille toutefois à ce que ces demandes de formation correspondent à des besoins réels sur le marché de l’emploi.
