Mémoire/C’est un moment clé de l’Histoire de Monaco. Le prince Albert a demandé pardon pour le rôle joué par la Principauté dans la déportation des juifs il y a 70 ans.
« Nous avons commis l’irréparable en livrant des femmes, des hommes et un enfant qui étaient venus se réfugier chez nous pour échapper aux persécutions dont ils étaient victimes en France. » La parole est forte et le geste historique. Le 27 août dernier, Albert II profitait de l’inauguration d’un monument aux morts dédié aux juifs déportés en 1942 au cimetière de Monaco pour adresser des excuses publiques. Si la principauté a « refusé, dans un premier temps, d’élaborer et de publier un statut des juifs aux visées discriminatoires qu’on cherchait à lui faire adopter », les autorités ont dû « s’y résoudre ultérieurement, sous la pression du pays voisin », a ainsi déclaré le chef de l’Etat. Ajoutant : « Il nous faut reconnaître devant l’Histoire que la police de Monaco, sur instruction d’un membre du gouvernement de la Principauté, a procédé à l’arrestation de 66 juifs qui allaient être remis aux autorités françaises. 45 d’entre eux furent, quelques jours après, déportés à partir de Nice… »
Un acte salué
Devant des représentants de la communauté israélite et les membres de la commission d’indemnisation des victimes de spoliation qu’il a créée en 2006 (dont Serge Klarsfeld), le prince a accompli son devoir de mémoire : « Le dire aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui en ce jour et devant vous c’est demander pardon. » Un acte apprécié par le président du Congrès juif européen Moshé Kantor, qui a salué « (le) désir de la principauté d’examiner de manière adéquate son rôle au cours des jours sombres de l’occupation nazie. Il n’y a pas de prescription pour une vraie introspection et pour les regrets. »
