Les candidats à la mairie de Menton détaillent à L’Obs’ leurs visions pour l’avenir de la ville. Projets pour la jeunesse, devenir de l’hôtel cinq étoiles, maintien de Sciences Po et nouvelles politiques en faveur des animaux de compagnie… Voici leurs propositions.
Quels projets pour les jeunes à Menton ?
Le manque d’activités et de lieux pour les jeunes est souvent reproché à Menton. Tous les candidats aux municipales y vont donc de leurs solutions pour redynamiser la ville. Sandra Paire entend faciliter la construction d’infrastructures sportives et culturelles en s’appuyant sur le tissu associatif local et assure qu’elle soutiendra la réouverture d’un lieu festif à l’instar d’une discothèque pour les jeunes adultes. Florent Champion mise sur des activités de plein air et culturelles, autour de la forêt de Lubac Foran (randonnées, circuit VTT, paintball), sur le terrain Boulard (maison de pays sur la culture du citron, ferme pédagogique). Il veut aussi voir s’installer un lieu en zone industrielle, près de l’autoroute avec jeux d’arcade, mur d’escalade indoor et autres activités pour que les familles « n’aient pas à partir à Nice ou ailleurs pour passer une bonne soirée à l’extérieur ». Louis Sarkozy propose un grand pôle sportif au terre-plein de Rondelli avec piscine municipale, piste d’athlétisme, terrains multisports et de padel. « Nous voulons également porter un message clair aux restaurateurs, aux exploitants de plages et aux acteurs de la vie nocturne : Menton assumera d’être une ville qui vit avec sa jeunesse. Une ville où un peu de musique le soir ne déclenche pas systématiquement une réponse répressive. On ne peut pas, d’un côté, regretter le départ des jeunes, et de l’autre, tout faire pour leur interdire de vivre leur jeunesse ici », a-t-il expliqué. Émilie Ria souligne le besoin de divertissements modernes : bowling, billard, salle d’arcade, escape game, discothèque ou bar dansant. « Je mettrais un point d’honneur à la modernisation des équipements sportifs avec la création d’un nouveau complexe multi sport », a-t-elle ajouté. Tous s’accordent sur l’objectif : redonner vie à Menton pour ses jeunes, avec des espaces sportifs, culturels et conviviaux adaptés à leurs besoins. M.P.
Quid de l’hôtel 5 étoiles ?
Le projet d’hôtel 5 étoiles à Menton, lancé il y a 15 ans, est régulièrement critiqué pour ses retards et incertitudes. Depuis janvier 2025, la mairie envoie des pénalités de retard qu’ils ne paient pas et qu’ils contestent en justice chaque mois. Sur le sujet, tous les candidats insistent sur la défense des intérêts de la ville et l’éclaircissement des contentieux. Florent Champion se démarque en remettant en question la destination du projet, exprimant des réserves sur sa viabilité économique. « Je ne vois pas comment il pourrait être viable économiquement alors que le Maybourne Riviera qui a été refait à grands frais par les Qataris et a un panorama exceptionnel perd chaque année 2,5 millions d’euros. Si aucun groupe hôtelier n’a manifesté son intérêt en quinze ans, ça n’est pas pour rien », affirme-t-il. Si la situation n’a pas évolué à l’été 2026, il compte entrer en négociation avec le promoteur pour arrêter le projet. Il envisage, à la place, de faire de la résidence senior sur un bâtiment et de la résidence étudiante convertible en résidence saisonnière à partir de mai ainsi qu’une salle d’événementiel en RDC. A l’inverse, Louis Sarkozy considère ce projet « comme un atout pour Menton » et estime que « le groupe international pressenti pour sa réalisation réunit des professionnels reconnus, capables de porter un investissement structurant pour la ville, de créer des emplois locaux, de moderniser les équipements et de contribuer à l’élévation globale du niveau de l’offre touristique mentonnaise ». Sandra Paire, elle, souhaite lancer une consultation citoyenne pour évaluer l’intérêt du projet. M.P.
Pour ou contre le maintien de Sciences-Po ?
L’avenir de l’antenne méditerranéenne de Sciences Po à Menton a été questionné à la fin de la convention décennale entre l’institution et la Ville sur fond de polémique liée au conflit israélo-palestinien. Finalement, l’établissement restera dans la ville pour au moins deux années supplémentaires : choix présenté comme démocratique en vue des élections municipales de 2026, pour laisser les candidats se positionner sur la question. Alexandra Masson (RN), qui il y a quelques mois estimait que le campus n’avait plus sa place à Menton, semble être un peu revenue sur sa position. « Il ne restera à Menton que si un nouveau contrat politique et éthique est conclu. Sciences Po devra prendre en charge le loyer du bâtiment Saint-Julien qu’il occupe, soit une économie de 200 000 euros pour la Ville ; et il devra appliquer une tolérance zéro face à l’antisémitisme et à toute forme de racisme », a-t-elle expliqué. Émilie Ria (Reconquête) s’oppose quant à elle fermement au maintien du campus et propose une alternative : l’installation d’une antenne de l’Institut Agro de Montpellier, tournée vers l’agrumiculture. « Ces étudiants pourront, à la fin de leurs études, contrairement aux étudiants de Sciences Po, entrer dans le monde du travail à Menton et participer à l’économie et la préservation de nos jardins », avance-t-elle. « Ce qui hérisse le poil de certains, c’est la zone géographique d’étude (ndlr : le Moyen-Orient). Parce que pour l’IUT, qui dépend de l’université de Nice, la gratuité des locaux n’a jamais été remise en cause. De plus, on verse une subvention annuelle de 80 000 euros et on met à disposition deux agents de la mairie pour l’entretien », estime Florent Champion. Ce dernier, tout comme Laurent Lanquar-Castiel, Sandra Paire et Louis Sarkozy sont pour le maintien de Sciences Po Menton mais avec un renforcement de son ancrage dans la vie communale. M.P.
Des propositions pour les animaux de compagnie
À Menton, les candidats se mobilisent pour les animaux de compagnie, conscients que le territoire compte beaucoup de personnes ayant des compagnons à quatre pattes (notamment de seniors, qui on le sait, sont les premiers votants). Émilie Ria souhaite mettre en place un service de garde pour les animaux domestiques en cas d’urgence (hospitalisation, décès, départ en maison de retraite) et créer un jardin du souvenir pour les animaux de compagnie. Alexandra Masson a fait grand bruit en proposant un cimetière animalier municipal baptisé Brigitte Bardot. Florent Champion veut ajouter un système de garde vétérinaire pour les urgences, aujourd’hui inexistant, en convention avec les vétérinaires locaux. Quant à Louis Sarkozy il propose une politique globale de protection animale, incluant lutte contre la maltraitance, stérilisation, soutien aux associations et meilleure prise en compte de la place des animaux dans la ville. M.P.
(voir l’autre article sur Menton sur ce lien)
