À Monaco, les distributeurs de billets de banque disparaissent peu à peu, pénalisant les résidents, surtout les seniors. Les élus du Conseil national demandent aux banques monégasques de préserver ce service face à la montée des paiements dématéralisés.
Va-t-on vers une lente mais inexorable disparition des distributeurs de billets de banque (DAB) ? Chez le voisin français, cette érosion est réelle. Selon un rapport de la Banque de France publié en 2024, près de 8 500 distributeurs ont fermé en cinq ans, dont 2 000 en 2023. Face à cette diminution, des communes se tournent d’ailleurs vers des acteurs non bancaires pour s’équiper avec des DAB indépendants. C’est notamment le cas à la Turbie.
Qu’en est-il à Monaco ? Selon les élus du Conseil national, cette diminution se vérifie aussi sur le territoire monégasque. « Les distributeurs en ville ont tendance à se réduire et notamment dans certains quartiers comme les Moneghetti et le Larvotto, cette deuxième zone étant plus problématique car c’est aussi un quartier touristique », a notamment alerté l’élu Nicolas Croési lors des récentes séances budgétaires. Cette baisse du nombre de distributeurs est surtout problématique pour une catégorie de personnes en particulier. « C’est un service dont nos résidents ont besoin. Surtout nos aînés qui ne sont pas forcément à l’aise avec les paiements dématérialisés », a rajouté ce conseiller national qui appelle donc le gouvernement à sensibiliser les banques sur ce sujet.
Même constat pour l’élu Guillaume Rose : « On constate non seulement que ces distributeurs ferment et qu’ils ne sont pas remplacés systématiquement, et qu’en plus, les rares qui restent, sont souvent en panne. C’est une déliquescence qui est tout à fait inadmissible. Certaines thèses paranoïaques qui me sont revenues disent que c’est pour lutter contre le blanchiment…» Qu’en est-il dans les faits ? Le gouvernement monégasque explique tout simplement que cette érosion est liée au fait que ces distributeurs sont globalement moins utilisés (car de plus en plus de personnes utilisent des moyens de paiement dématérialisés) et qu’ils deviennent trop coûteux pour les banques avec des frais liés à l’installation, la maintenance, la sécurité et l’approvisionnement en liquide.
« C’est un service privé fourni par des entrepreneurs privés qui vont faire des calculs de rentabilité. Cela, malheureusement, nous n’y pouvons pas grand-chose, a indiqué Pierre-André Chiappori, conseiller de gouvernement ministre des Finances et de l’économie. Cela étant, notre rôle à nous gouvernement, c’est de sensibiliser les banques, ce que nous essayons de faire. Je ne crois pas en revanche que l’on puisse parler de déliquescence, mais il y a un mouvement général vers l’abandon des liquidités et l’utilisation de plus en plus systématique de moyens de paiement dématérialisés. On n’en est pas encore à la Suède où les billets ne circulent pratiquement plus mais il y a un mouvement dans cette direction. »

