vendredi 20 février 2026
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    Création d’une galerie souterraine, escalators et nouveau parking : voici tous les projets mobilité à Beausoleil

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    Pour réduire le flux de véhicules entre Beausoleil et Monaco, la commune envisage de lancer plusieurs projets structurants. Parmi eux, la création d’une galerie souterraine piétonne reliant les Moneghetti à la gare de Monaco, l’ajout de 11 nouveaux escalators et la création d’un cinquième parking souterrain. Les explications du maire, Gérard Spinelli.

     

    La commune de Beausoleil envisage de créer une galerie souterraine permettant de relier à pied le quartier des Moneghetti à Monaco. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    Depuis plus de deux ans, nous étudions effectivement la création d’une liaison souterraine mécanisée entre la gare de Monaco et le bâtiment municipal de Beausoleil, situé en face du stade des Moneghetti. Ce projet prévoit l’installation de trottoirs roulants ainsi que de quatre ascenseurs, permettant aux habitants de se rendre à pied jusqu’en Principauté depuis ce quartier.  

    Pourquoi ce projet a-t-il vu le jour ? Un besoin spécifique a-t-il été identifié dans cette zone ?

    La réflexion à l’origine de ce projet repose sur un constat : beaucoup trop de véhicules transitent au sein de l’agglomération Monaco/Beausoleil. Chaque jour, 10 000 véhicules traversent ma commune, avec des pics de 1 460 véhicules par heure en matinée, et 1 140 par heure en soirée. Ces chiffres illustrent l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés. Cette liaison souterraine s’inscrit ainsi dans cette volonté de réduire l’utilisation de la voiture, que ce soit pour se rendre au travail ou faire ses courses.

    Quelles sont les mesures d’ores et déjà prises par la commune pour alléger cette saturation de véhicules ?

    Plusieurs mesures concrètes ont déjà été prises. Beausoleil dispose par exemple de quatre parkings souterrains (Belle Époque, Victor Hugo, Gaumates, Libération), offrant au total 1 400 places, ce qui est considérable pour une ville de 14 000 habitants. Nous avons aussi favorisé la mobilité douce avec l’implantation de huit ascenseurs publics et de 12 escalators urbains en plein air, ce qui a transformé la façon dont les habitants se déplacent. Pour encourager les déplacements à pied, nous avons également aménagé des trottoirs de 1,50 mètre sur plus de trois kilomètres, une initiative que nous continuerons à développer à l’avenir. Trois stations de Monabike, situées stratégiquement (boulevard de la République, place du Commandant Raynal et place des Moneghetti), complètent ce dispositif et sont très utilisées. Enfin, le Plan Local d’Urbanisme (PLU) récemment adopté reflète aussi notre engagement pour une mobilité durable : nous avons augmenté les zones naturelles de 13 %, réduit les zones urbaines de 8 %, et limité à 30 mètres la hauteur des nouvelles constructions, dans le but, justement, de contenir les déplacements en ville.

    Allez-vous solliciter un cofinancement de Monaco pour ce projet de galerie souterraine reliant la gare de Monaco aux Moneghetti ?

    Nous avançons sur le projet tout en tenant la Principauté de Monaco informée de son développement. En général, nous n’allons pas directement demander des fonds. Notre approche consiste plutôt à partager les projets en cours, et si Monaco y voit un intérêt, les autorités monégasques proposent un cofinancement. Une fois le dossier finalisé, nous le présenterons à nouveau à Monaco, et ensemble, nous déciderons si une contribution financière est souhaitable.

    Envisagez-vous un autre projet de galerie souterraine ?

    Effectivement, je réfléchis à une nouvelle liaison souterraine, là encore, avec des trottoirs roulants et des ascenseurs, reliant le Vallon de la Noix au Complexe du Devens. Ce projet rapprocherait les installations sportives du cœur de la ville et permettrait d’éviter un grand nombre de voitures se rendant au Devens. Pouvoir s’y rendre à pied apporterait un changement considérable. J’ai déjà commencé à aborder ce projet avec Monaco. L’intérêt est partagé, mais nous n’avons pas encore lancé les études.

    Concernant les escalators que vous avez installés sur la commune, quelles sont les prochaines étapes pour Beausoleil ?

    Nous en avons déjà mis en place 12, et envisageons d’en ajouter 11 supplémentaires. Pour trois d’entre eux, les études sont déjà en cours. Ils relieront la zone du Carré au gymnase des Moneghetti. Les huit autres escalators visent à améliorer la liaison vers les Moneghetti, vers les écoles et vers le collège. L’objectif est d’encourager les parents à accompagner leurs enfants à pied, puis à se rendre au travail sans voiture.

    Avez-vous une idée du nombre d’utilisateurs de ces escalators ?

    Actuellement, environ 5 500 personnes les utilisent chaque jour. Cette fréquentation a eu un impact considérable sur le trafic routier et la vie de la population. Nous estimons que ces infrastructures ont permis de retirer 2 000 véhicules de la circulation chaque jour.

    Ces infrastructures pèsent-elles lourdement sur le budget de la commune ?

    Monaco a contribué à hauteur de 5 millions d’euros pour le financement des escalators existants. La Principauté nous a donc apporté un soutien financier considérable, pour lequel je tiens à remercier le Prince Albert II. Pour les 11 escalators supplémentaires, nous solliciterons à nouveau Monaco, qui décidera d’apporter ou non son soutien financier.

    Quel sera le coût des 11 escalators supplémentaires ?

    Le coût est d’environ un million d’euros par escalator.

    Sont-ils souvent en panne ?

    Effectivement, il y a des pannes. Mais pour garantir des réparations rapides, nous disposons de pièces de rechange en stock. De plus, notre personnel est mobilisé pour remettre en marche les escalators lorsqu’ils sont arrêtés. Les policiers municipaux ont également été formés pour intervenir en cas de besoin. 

    Il y a aussi des actes de vandalisme ?

    Il arrive effectivement que certaines personnes appuient sans raison sur le bouton d’arrêt d’urgence. Nous avons donc instauré des amendes de 150 euros pour décourager ce type de comportement.

    Les escalators que vous avez déployés dans la ville ont-ils réellement transformé la vie des Beausoleillois ?

    Absolument. Ils ont vraiment modifié leurs habitudes. Avant, les habitants utilisaient souvent la voiture pour se rendre au travail, ou faire des courses. Ce n’était pas tellement pour descendre vers Monaco, mais plutôt en raison des montées qui étaient difficiles. Aujourd’hui, grâce aux escalators, le retour est plus facile : on peut faire une pause en chemin, porter ses courses sans souci, et cela a nettement réduit la dépendance à la voiture. Les habitants ont désormais le choix de se déplacer autrement. Ce dispositif a également amélioré la qualité de vie des personnes âgées, qui peuvent monter sans effort, avec leurs courses, et arriver en haut sans essoufflement. Ces escalators ont donc vraiment transformé le quotidien de tous ceux qui vivent à proximité de ces infrastructures et cela a aussi changé le paysage de la ville.

    « Monaco a contribué à hauteur de 5 millions d’euros pour le financement des escalators existants. La Principauté nous a donc apporté un soutien financier considérable. Pour les 11 escalators supplémentaires, nous solliciterons à nouveau Monaco, qui décidera d’apporter ou non son soutien financier. » © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

    Vous évoquiez l’existence de quatre parkings souterrains à Beausoleil. Envisagez-vous d’en créer un cinquième ?

    Oui, un cinquième parking de 120 places est en projet dans le quartier du Ténao. Il suivra le modèle du parking Victor Hugo. Il s’agira d’un parking souterrain avec des aménagements de surface incluant des espaces de loisirs, une aire de jeux pour enfants mais également une petite épicerie. Nous avons déjà un pré-projet, mais il faudra affiner les études, ce qui prendra encore deux ans. Nous pouvons espérer une livraison d’ici trois à quatre ans.

    Des ascenseurs publics supplémentaires sont-ils également prévus ?

    Effectivement, plusieurs ascenseurs sont en projet, notamment dans les quartiers des Moneghetti et de Guynemer. Notre priorité est dans tous les cas de favoriser la mobilité douce par tous les moyens. Nous recherchons donc activement des financements, que ce soit auprès de la Principauté de Monaco ou auprès d’opérateurs privés, pour soutenir cette démarche. L’objectif est d’améliorer la qualité de vie des habitants en réduisant le temps perdu en transport et en favorisant la marche à pied. Idéalement, nous souhaitons que la voiture soit réservée aux loisirs, et non aux trajets domicile-travail.

    Monabike est un dispositif que vous souhaitez aussi étendre davantage ?

    Absolument. C’est un véritable succès avec environ 7 000 utilisations par mois. Nous avons bien sûr la volonté d’augmenter le nombre de stations, mais nous devons d’abord résoudre certains problèmes juridiques assez complexes.

    Que pensez-vous du projet de la Brasca à Èze et du projet de métro entre Nice et Vintimille que certains souhaitent voir se concrétiser ?

    Chaque jour ouvré, entre 60 000 et 80 000 véhicules circulent entre Monaco et la France, un chiffre qui grimpe jusqu’à 100 000 en période estivale. Il est donc crucial de prendre des mesures radicales. La Principauté a déjà fait beaucoup d’efforts. Si ces projets se réalisent, ils apporteront une solution extraordinaire. Bien sûr, il reste à évaluer la faisabilité technique et financière de ces initiatives, mais nous serions ravis de voir ces projets aboutir.

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