Toujours en cours de construction sur les hauteurs de la Principauté, le nouveau Centre Hospitalier Princesse Grace incarne l’un des projets de santé les plus ambitieux de la région. Avec ses 107 000 m², il accueillera — entre autres services — une unité de neurologie, offrira 85 % de chambres individuelles et intégrera des équipements médicaux de dernière génération. Son coût : 1,3 milliard d’euros.
Il suffit de lever les yeux sur les hauteurs de la Principauté pour l’apercevoir. Face à la Méditerranée, le nouveau CHPG s’élève, à la fois imposant et futuriste. Un mastodonte blanc de 107 000 m², qui accueillera au total 458 lits et places. Une première phase sera livrée d’ici la fin 2026, tandis que l’ouverture complète est prévue pour 2032. Si la hauteur du bâtiment impressionne, son coût a de quoi, lui aussi, donner le vertige. Initialement estimé à 650 millions d’euros en 2013, le budget atteint désormais 1,3 milliard d’euros. Un doublement, que le conseiller-ministre aux Affaires sociales et à la Santé, Christophe Robino, explique ainsi : « Rappelons que ce projet s’étale sur une vingtaine d’années. Bien entendu, la nécessité de revoir un certain nombre de phases programmatiques impliquait une évolution des coûts. De plus, les évolutions géopolitiques internationales, ainsi que la progression de l’indice du coût de la construction, rendaient également nécessaire une réévaluation de l’enveloppe budgétaire. »
Des chambres individuelles et des suites
Quelles sont alors, dans les grandes lignes, les nouveautés de cet établissement de santé flambant neuf ? Côté « confort hôtelier » pour les patients, le CHPG promet qu’il sera « sans équivalent. » Concrètement, dès la phase 1, 85 % des chambres seront individuelles. Chaque unité d’hébergement comprendra également une suite premium de 36 m², (avec chambre et salon). Au dernier étage, une unité dédiée aux bilans accueillera aussi cinq suites de 59 m². Au-delà des chambres, les malades et leurs familles pourront également se détendre en se promenant le long de l’allée qui borde le bâtiment et offre une jolie vue sur le Rocher et la mer Méditerranée. Une offre de restauration ouverte au public, ainsi qu’un espace de jeux pour les enfants, sont également prévus.

Équipements de dernière génération
Qu’en est-il du projet médical ? Là encore, le CHPG le garantit : les équipes bénéficieront « d’équipements de dernière génération et verront leurs conditions de travail améliorées ». L’unité de chirurgie ambulatoire, par exemple, avec ses 22 places, sera directement reliée au bloc opératoire pour fluidifier les parcours. « Le bloc opératoire comprendra 15 salles d’intervention, dont une salle hybride, deux salles de cardiologie interventionnelle et trois salles d’endoscopies », ajoute l’hôpital monégasque. Aux urgences, un scanner sur place permettra un diagnostic plus rapide. Une plateforme de biologie moléculaire viendra également renforcer les capacités de détection et d’analyse.
La création d’une unité de neurologie
La livraison du bâtiment marque aussi une nouveauté majeure : l’ouverture d’une unité dédiée à la neurologie. « C’est pour moi quelque chose d’extrêmement important, puisque les pathologies neurologiques sont aujourd’hui très fréquentes, qu’il s’agisse de pathologies neurovasculaires, neurodégénératives ou inflammatoires, ajoute Christophe Robino. Il ne se passe pas un jour sans qu’un patient ait un accident vasculaire cérébral, une poussée de sclérose en plaques, une décompensation de son Parkinson ou une crise d’épilepsie. Il était donc important de pouvoir leur offrir la meilleure qualité de soins. »
Poursuivre et développer la chirurgie robotique
Avec plus de 277 interventions robotiques réalisées au CHPG depuis 2012, la chirurgie robotique est désormais bien installée au sein de l’hôpital monégasque, qui a même décroché, dans ce domaine, le label de Centre d’Excellence (1). Une reconnaissance européenne qui encourage les équipes à poursuivre dans cette voie. « Depuis quatre ans, le CHPG a fait énormément d’efforts et a investi dans la chirurgie robotique, souligne Maurice Chazal, chef du service de chirurgie générale et viscérale. C’est une technique moderne, du futur, qui rehausse la performance du chirurgien et la qualité du geste. » Et ce n’est manifestement qu’un début. « Le CHPG va continuer à acquérir des robots de nouvelle génération. L’intelligence artificielle viendra naturellement s’y intégrer, et je ne doute pas un instant que le CHPG s’associera à ces avancées. On essaie toujours d’avoir une petite longueur d’avance par rapport à ce qui se fait ailleurs, pour rester vraiment à la pointe. »
Améliorer l’information du patient
Le dépistage précoce de certaines pathologies figure également parmi les priorités affichées. « Le dépistage du cancer du poumon, par exemple, est un projet à court terme », indique Mathieu Liberatore, président de la commission médicale d’établissement. Améliorer la communication et l’information du patient — et de ses proches — fait aussi partie des engagements. Une solution sera ainsi testée aux urgences : « Ce seront des informations sur la dynamique de la prise en charge, sur l’heure de sortie ou de transfert dans un autre service, sur les examens en cours et les résultats », précise-t-il. Autre mesure annoncée : les documents médicaux et les supports pédagogiques seront accessibles dans la langue maternelle du patient, quelle qu’elle soit. Une mesure forcément très utile dans un pays aussi cosmopolite que la Principauté.
Projet : une centaine de professionnels ont travaillé sur le projet d’établissement 2025-2030 du nouveau CHPG
Pour définir les ambitions médicales du nouveau CHPG, l’hôpital a réuni ses forces vives et finalisé un document baptisé “Projet d’établissement, Ambition 2025-2030”. « Plus d’une centaine de professionnels y ont contribué : médecins, soignants, administratifs, techniciens, mais aussi patients et associations, indique Benoîte Rousseau de Sevelinges, directrice de l’hôpital. Nous avons voulu croiser les regards, entendre les vécus, accueillir les aspirations, car c’est bien ensemble que nous faisons l’hôpital d’aujourd’hui et de demain. » Pour autant, rien à ce stade, n’est encore gravé dans le marbre. « Ce projet d’établissement est un pré-projet qui nécessite encore d’être étudié attentivement par le gouvernement pour être validé, avant d’être mis en application. Mais c’est un document qui nous paraît essentiel pour guider nos décisions futures », a indiqué le conseiller-ministre aux Affaires sociales et à la Santé, Christophe Robino.
(1) Un label délivré par l’Università della Svizzera italiana et l’European Robotic Urology Institute.
