Pilier du système de santé monégasque, le Centre Hospitalier Princesse Grace s’apprête à changer d’échelle. Avec un nouveau bâtiment ultramoderne attendu, dans sa globalité, pour 2032, l’établissement espère attirer une patientèle internationale haut de gamme et positionner Monaco comme un pôle d’excellence médicale et technologique.

Le Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG) est déjà un moteur économique important pour le pays. Troisième employeur de la Principauté avec ses 2 900 salariés, il a pris en charge 90 000 patients en 2024 et réalise chaque année 25 millions d’achats auprès de fournisseurs monégasques. Mais avec le nouvel hôpital ultramoderne qui devrait être finalisé dans sa globalité en 2032, c’est aussi l’attractivité de la Principauté qui est en jeu. « Le nouveau CHPG va au-delà de notre mission de soin. Il va alimenter l’économie monégasque, mais aussi l’image de Monaco avec des offres de soin exceptionnelles », a affirmé Benoîte Rousseau de Sevelinges, directrice du CHPG, lors d’une récente conférence organisée par le Monaco Economic Board (MEB) (1). « Il répondra aux besoins de la population locale, mais aussi à ceux d’une patientèle haut de gamme que l’on cherche à attirer à Monaco. Des personnes qui vont s’installer ici et développer leur activité en Principauté. Aujourd’hui, nous avons encore des chambres doubles et sans salle de bain. Nous ne pouvons pas envisager d’aller chercher des patients étrangers avec cette qualité d’hébergement. Mais cela va changer », a-t-elle poursuivi.
Prouesse technique
Également présente lors de l’événement, Céline Caron-Dagioni, conseillère de gouvernement – ministre de l’Équipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme, estime que le nouvel établissement (dont le crédit global consacré à la construction s’élevait à 1,3 milliard d’euros lors du budget primitif 2025) suscitait déjà la curiosité et l’admiration bien au-delà des frontières. Avec des normes antisismiques à la hauteur de celles appliquées au Japon et sans équivalent en Europe, il est considéré comme une prouesse technique et des architectes, ingénieurs et entrepreneurs viennent du monde entier pour le visiter. Au-delà d’un levier d’attractivité, le nouvel hôpital pourrait aussi permettre le développement de secteurs innovants et prometteurs à Monaco, comme les biotechnologies et l’intelligence artificielle en santé. « Les biotech n’ont pas besoin de beaucoup d’espace. Elles ont besoin d’intelligence, de confiance et d’argent. Trois éléments que nous avons en Principauté », insiste Benoîte Rousseau de Sevelinges.
(1) Organisée par le Groupe Nice-Matin, cette conférence portait sur la contribution des grands projets d’infrastructure à l’économie monégasque.
Investissements : le cercle vertueux de la commande publique
Céline Caron Dagioni, conseillère de gouvernement – ministre de l’Équipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme, a souligné le rôle central de la commande publique dans la dynamique économique du pays. Pilier du financement des infrastructures, elle représente plus d’un tiers (38 %) du budget étatique, mais contribue directement à ses revenus par le biais de la TVA, de la contribution des salariés aux caisses sociales monégasques et des impôts sur les bénéfices dans certains cas. Cette politique d’investissement « bénéficie aussi aux entreprises monégasques puisqu’elles sont favorisées auprès des opérateurs privés en charge des projets, eux-mêmes en partie monégasques », a-t-elle ajouté. Une logique vertueuse, selon la ministre, qui assure que chaque euro engagé dans une commande publique engendre une cascade de retombées positives pour l’économie nationale.
