Il a été élu maire de 1989 à 2001 puis de 2008 à 2026. Après trente ans cumulés à la tête de Beausoleil, Gérard Spinelli, 71 ans, se lance dans une campagne pas comme les autres. Il vise un sixième mandat face à deux challengers à ce stade, dont son propre fils, Nicolas Spinelli. Dans cet entretien, il défend son bilan (escalators, sécurité, voirie, propreté, logements sociaux) et affiche ses priorités pour la suite, tout en répondant aux critiques sur ses frais de représentation.
Cette campagne municipale à Beausoleil présente une configuration inédite, puisque vous êtes candidat face à votre propre fils, Nicolas Spinelli. Comment appréhendez-vous cette situation personnelle singulière et de quelle manière veillez-vous à ce que le débat électoral reste politique, sans glisser vers un conflit d’ordre familial ?
Nicolas est mon fils. Je l’aime et je l’aimerai toujours. Une élection municipale n’est pas faite pour régler ou instrumentaliser des questions familiales. Je fais le choix de la dignité, du respect, et de me concentrer uniquement sur l’avenir de Beausoleil.
Un mot à propos de votre autre concurrent, Livio Orsi ?
Je suis attaché à un débat démocratique fondé sur le respect, le dialogue et la pluralité des idées. La candidature de Livio Orsi s’inscrit dans cet esprit, et c’est ainsi que la démocratie locale se nourrit et progresse.
Quels sont les projets de votre dernier mandat que vous retenez, et dont vous êtes le plus fier ?
Sur ce dernier mandat, je retiens avant tout le développement des escalators, qui sont devenus une véritable signature de Beausoleil. Dans une ville en pente comme la nôtre, les escalators sont une réponse concrète aux déplacements du quotidien, à l’accessibilité et à la qualité de vie. Dix nouveaux escalators ont été réalisés au cours de ce mandat. À cela s’ajoutent d’autres réalisations majeures, très concrètes, qui ont amélioré le quotidien des habitants.
Lesquelles ?
Le village Charlot bien sûr (voir article sur ce sujet). Je pense aussi à la création du premier commissariat mutualisé de la Côte d’Azur, avec 139 caméras de vidéoprotection et une présence policière 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Près de 3 kilomètres de trottoirs sécurisés et élargis à 1,50 mètre ont également été réalisés, notamment en centre-ville, aux Moneghetti et à Guynemer. On peut citer aussi les équipements de voirie qui ont été modernisés, avec notamment des moyens renforcés pour la propreté ou encore l’installation de 40 nouvelles poubelles de rue multifonctions.
En matière de construction de logements sociaux, quel est votre bilan et les projets à venir ?
Au cours de ce mandat, des permis de construire ont été accordés pour 273 logements locatifs sociaux, et 197 logements sont livrés. Ces chiffres traduisent une politique volontariste mais maîtrisée. Mon objectif est de permettre à celles et ceux qui souhaitent vivre à Beausoleil d’y trouver une solution de logement, tout en poursuivant le verdissement de la ville et la préservation du cadre de vie. Il s’agit de tenir ensemble ces priorités, avec équilibre et bon sens, pour préparer l’avenir sans dénaturer l’identité de Beausoleil.
Dans le journal de campagne Le Beausoleillois, votre fils pointe du doigt vos frais de représentation qu’il juge élevés et le fait « qu’aucune justification n’a été fournie ni remboursement effectué ». Que répondez-vous à ces accusations ?
Beausoleil est une ville frontière, avec des contraintes particulières et de nombreux échanges institutionnels, ce qui implique un niveau de représentation élevé. Il faut d’abord remettre les chiffres dans leur juste perspective. Les frais de représentation ne sont pas une somme globale laissée à la discrétion du maire : il s’agit d’une enveloppe mensuelle, plafonnée à 2 000 euros, prévue par la loi, votée en conseil municipal et strictement encadrée. Ces frais correspondent à l’exercice normal de la fonction de maire : recevoir, dialoguer, représenter la commune, mener des réunions de travail, parfois autour d’un repas, avec des partenaires institutionnels ou économiques, toujours dans l’intérêt de Beausoleil. Ils sont contrôlés, transparents, et n’ont rien d’un avantage personnel. Ce n’est ni du confort, ni un privilège. C’est un outil de travail au service de la ville. Les résultats sont là. De nombreux projets ont pu être menés sans augmentation des impôts et sans alourdir la dette communale.
Si vous êtes réélu, quelle serait la première mesure que vous mettriez en œuvre ?
Si je suis réélu, le renforcement du maillage de Beausoleil en escalators restera une priorité structurante de mon prochain mandat. C’est une réponse concrète à la topographie de la ville. Une solution de mobilité durable, gratuite et accessible, directement au service de la qualité de vie des habitants.
Stéphane Manfredi qui est à la tête de l’opposition à Beausoleil depuis 2020, sera-t-il sur votre liste ?
Aujourd’hui est le temps du bilan et du projet. La présentation complète de mon programme et de l’équipe qui le portera interviendra d’ici la fin du mois de février. Je souhaite, à ce stade, rester concentré sur les priorités que je défends pour Beausoleil et sur le travail à accomplir pour la ville.
