dimanche 15 février 2026
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    300 agents du CHPG contre la vaccination obligatoire fédérés sous un collectif

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    300 agents du CHPG à Monaco ont décidé de se fédérer et de créer un collectif.  Ces personnels ont un point commun : ils ne se feront pas vacciner contre le Covid-19, malgré l’obligation vaccinale qui sera probablement votée ce soir au Conseil national. Ce collectif qui affirme « n’être affilié à aucun syndicat » se réunira ce soir au CHPG devant la tour maternité entre 16h30 et 18 h 30. Pour pouvoir continuer de travailler, les membres de ce collectif proposent de « réaliser des auto-tests une fois par semaine à leur frais, jusqu’à la sortie de cette crise sanitaire ». Un des administrateur de ce collectif nous répond.

    Le collectif qui a été créé compte à ce jour, selon vos chiffres, 300 agents du CHPG. Tous refusent la vaccination contre le Covid-19, et ce, malgré l’obligation vaccinale qui sera probablement votée ce soir au Conseil national. Quels sont les corps de métier les plus représentés au sein de ce collectif  ?

    Avant tout chose, je souhaite préciser qu’au sein de ce collectif, nous ne sommes pas des anti-vaccins. Nous sommes d’ailleurs à jour de tous nos vaccins… Notre collectif estime simplement que cette vaccination contre le Covid-19 doit rester un choix personnalisé en fonction de sa balance bénéfice-risque et ne doit, en aucun cas, faire l’objet d’une obligation. Il nous semble essentiel de respecter l’intégrité physique et les convictions de chacun. Pour en revenir à votre question, au sein de notre collectif, tous les corps de métier sont représentés. Nous sommes des médecins, des infirmiers, des puéricultrices, des gouvernants, des aides soignants, des auxiliaires de puériculture, des sages femme, des coursiers, des brancardiers, des agents de sécurité incendie, des agents de la pharmacie, mais aussi des manipulateurs radio et IRM, des agents administratif , des secrétaires médicales, ou encore des agents de la cuisine centrale, des agents de restauration, des agents du service interne… Nous sommes présents dans tous les services au sein du Centre hospitalier Princesse Grace. 

    Au-delà de votre collectif, a-t-on une estimation du nombre d’agents non-vaccinés à ce jour au CHPG ?

    La Direction des ressources des humaines a mené une enquête en interne – enquête qui a d’ailleurs dépassé les frontières de ce qui était acceptable en matière de secret médical… La DRH connaît donc grosso modo l’étendu du nombre des non-vaccinés au sein du CHPG. Il y en aurait à ce jour 600 sur un effectif global de 2500 personnels. Par crainte – ou autres motifs propres à chacun –  ces agents du CHPG encore non-vaccinés n’ont pas souhaité faire partie de notre collectif.

    Les membres de votre collectif assurent donc qu’ils ne se plieront pas à l’obligation vaccinale qui sera probablement votée ce soir. Et ce, malgré la suspension des fonctions prévue dans le texte de loi. La décision est irréversible pour eux ?

    Notre petit groupe ira jusqu’au bout, car on ne peut pas accepter cette perte de liberté.   

    Très concrètement, quel est l’objectif de votre collectif ?

    Nous sommes là pour expliquer notre désarroi et la situation délicate dans laquelle nous allons nous retrouver, et dans laquelle l’hôpital se retrouvera, si nous sommes suspendus de nos fonctions.  Ne plus pouvoir exercer son travail – qui est pour beaucoup d’entre nous une vocation – est une vraie souffrance. De plus, ces suspensions vont compromettre inévitablement la continuité et la qualité des soins pour les patients pris en charge au CHPG. Sans oublier le grand risque d’arrêts maladie pour épuisement professionnel des autres agents autorisés à travailler.

    soignants chpg monaco contre vaccination

    Que proposez-vous donc concrètement ?

    Pour prouver notre détermination, notre bonne foi et notre désir de travailler, nous sommes prêts à réaliser des auto-tests une fois par semaine à nos frais jusqu’à la sortie de cette crise sanitaire. Cela prouverait que nous ne sommes pas porteurs du virus. Le collectif a transmis un courrier à la Direction des ressources humaines pour expliquer notre démarche. 

    Que répondez-vous à ceux qui estiment qu’il est de votre devoir de vous faire vacciner car vous êtes au contact des plus fragiles ?

    Nous, soignants, qui avons été applaudis pendant des mois, nous sommes à présent considérés comme des pestiférés car nous prendrions le risque de contaminer le reste des patients et des soignants… Or, la réalité du terrain est que les vaccinés peuvent transmettre le virus et donc aussi contaminer les patients. C’est un constat quotidien. Pour éviter ce risque, nous proposons justement d’effectuer ces autotests, qui je le rappelle seraient menés à nos frais, et qui seraient une garantie que nous ne sommes pas porteurs du virus.

    Comment s’assurer que ces auto-tests seront fiables et correctement réalisés ?

    Nous appliquerons la réglementation mise en place. Je rappelle que beaucoup des membres de notre collectif sont des professionnels de santé. Nous avons donc un réel savoir-faire dans ce domaine. Et jamais on ne mettrait en péril la santé de nos patients.

    Si l’on suit votre logique, le CHPG se privera donc dans les prochains mois d’au moins 300 agents ?

    Si la politique ne change pas, c’est effectivement le risque.  Or, il ne serait pas raisonnable de mettre en péril l’activité de l’hôpital, déjà mise à mal, en procédant à des suspensions massives de personnel, sachant que ces agents se sont dévoués sans relâche depuis déjà plus d’un an.

    Le Conseil national a apporté plusieurs amendements qui adoucissent le projet de loi sur l’obligation vaccinale.  Que pensez-vous du texte amendé ? 

    Effectivement, il semblerait que le Conseil national  ait adouci certains paramètres mais en aucun cas il n a été fait mention de la possibilité  d’utiliser les autotests comme nous l’ avons proposé qui est pourtant une mesure très efficace et reconnue contre la propagation du virus. 

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