Le virus fait doucement son chemin… Tandis que la France compte 1 453 cas confirmés (1), Monaco enregistre son premier cas de variole du singe. Comment se manifeste cette maladie et est-elle dangereuse ? L’Obs’ fait le point.
Alors que nous sortons difficilement de la crise du Covid-19, voilà que la variole du singe nous rattrape… Y compris à Monaco. Un premier cas a été détecté en Principauté, et trois autres sont suspectés. Le Dr. Olivia Keïta-Perse, chef du service épidémiologie et hygiène sanitaire au Centre Hospitalier Princesse Grace l’a confirmé au micro de Monaco Info le 20 juillet. Ce virus se manifeste par une éruption cutanée, qui, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, se concentre généralement sur le visage, la paume de la main et la plante des pieds, un à trois jours après l’apparition de la fièvre. Comme la varicelle, « il donne des lésions sur la peau qui font des petites bulles, se transforment en croûtes, et finissent par tomber », complète le Dr. Olivia Keïta-Perse.
La variole du singe se manifeste par une éruption cutanée, qui, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, se concentre généralement sur le visage, la paume de la main et la plante des pieds
Pas dangereuse
Même si les images peuvent impressionner les plus sensibles, les spécialistes se veulent rassurants. D’une manière générale, ce n’est pas une maladie « dangereuse », nous disent-ils. Dans la plupart des cas, la variole du singe disparaît spontanément au bout de quelques semaines, précise l’OMS. Seuls quelques patients – signalés ni en France ni en Principauté – ont subi des complications, à savoir des pneumonies ou des encéphalites. À savoir que les personnes immunodéprimées sont, comme pour le Covid-19, plus exposées aux complications.
L’idée que le virus toucherait davantage les homosexuels est fausse. Tout le monde peut attraper la variole du singe
Comment se transmet la maladie ?
L’idée que le virus toucherait davantage les homosexuels est fausse. « Tout le monde peut attraper la variole du singe, insiste le médecin. C’est un virus qui se transmet lors des rapprochements, des contacts de peau à peau ou de muqueuse à muqueuse. Il y a aussi un volet de transmission par gouttelettes ou par l’air. Si le virus est présent sur une surface et que vous la touchez, vous pouvez être contaminé », met en garde la soignante. Et si l’on entend surtout parler de cas de variole du singe chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, c’est sans doute, pour les experts de l’OMS, parce qu’ils ont davantage recours aux soins. « L’éruption cutanée provoquée par la variole du singe est semblable à celle provoquée par certaines maladies sexuellement transmissibles, comme l’herpès ou la syphilis, ce qui pourrait expliquer pourquoi un certain nombre de cas sont détectés dans des centres de santé sexuelle », peut-on lire sur le site de l’organisation.
Si le virus est présent sur une surface et que vous la touchez, vous pouvez être contaminé
« La vaccination est tout à fait envisageable »
Combien de doses va-t-on devoir recevoir ? Pour quelles tranches d’âge ? Impossible de répondre à ces questions pour l’instant. Le CHPG ne dispose pas encore de flacons. « Le gouvernement a demandé des vaccins. Il est donc tout a fait possible d’envisager la vaccination à Monaco », indique le chef du service épidémiologie et hygiène sanitaire de l’hôpital. Dans l’incertitude, les spécialistes comme le Dr. Olivia Keïta-Perse ne s’avancent pas sur la propagation ou non de la maladie. « Le Covid nous a appris à être extrêmement prudents. Nous ne tirons pas de conclusions pour l’instant. On surveille, mais on n’est jamais à l’abri. » Comme pour le coronavirus que l’on connaît bien, en cas de symptômes, on évite de sortir pour protéger son entourage, et on se gratte le moins possible.
(1) D’après les chiffres de Santé publique France communiqués lors du dernier point de situation le 19/07/2022.
