La Côte d’Azur et Monaco ne désemplissent pas. En 2025, les touristes américains sont passés en tête des marchés étrangers, avec plus de 15 % des nuitées internationales, tandis que plusieurs clientèles progressent fortement, notamment la Turquie, le Japon et la Chine. La clientèle française, en revanche, recule.
En 2025, la Côte d’Azur (Alpes-Maritimes et Monaco) a passé la barre des 12 millions de touristes, d’après un récent bilan dévoilé par l’Observatoire du Tourisme. Une année en hausse, tirée par le tourisme de loisirs et surtout par l’afflux de visiteurs étrangers. Plus d’un touriste sur deux vient désormais de l’international (un niveau au-dessus de l’avant-Covid ) et cette dynamique compense le léger repli de la clientèle française.
Les Etats-Unis, number one
Côté nationalités, la plupart des marchés progresse, avec des hausses marquées en provenance de Turquie (+50 %), du Japon (+35 %), de la Chine (+30 %) et du Proche et Moyen-Orient (+21 %). En tête du podium, les cinq principaux marchés restent les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Allemagne et la Scandinavie. Les États-Unis deviennent même le premier marché étranger, avec plus de 15 % des nuitées internationales.
Un trafic record pour l’aéroport Nice Côte d’Azur
Sans surprise, l’aéroport a franchi un nouveau cap en 2025 avec 15,23 millions de passagers commerciaux,soit +3,2 % par rapport à 2024. C’est surtout l’international qui a porté cette dynamique, avec une hausse de 4,7 % sur un an, tandis que le trafic intérieur a légèrement fléchi (-0,3 %). Dans le même temps, le nombre de vols commerciaux n’a progressé que modestement (+1,9 %, à 163 052 mouvements), « confirmant l’impact d’avions mieux remplis et de plus grandes capacités », commente l’Observatoire du tourisme.
85 % de taux d’occupation hôtelière durant l’été
Les voyants sont aussi au vert pour l’hébergement azuréen et monégasque. Sur l’année, l’occupation annuelle des hôtels approche les 66 %, en légère hausse par rapport à 2024. Les nuitées en hôtels et résidences atteignent près de 13 millions, « le meilleur niveau depuis plus de dix ans », selon l’Observatoire du tourisme. Quant à la durée moyenne de séjour, elle est de 2,5 nuits. L’été, lui, confirme son statut de saison reine. De juin à septembre, les hôtels tournent très haut, autour de 85 % de remplissage. Et la clientèle qui arrive par avion dépense davantage au quotidien : 110 euros par jour.
Un tourisme quatre saisons
Qu’en est-il dans les stations de montagne durant ces premiers mois d’hiver ? Le début de saison hivernale « est très encourageant » selon l’étude avec 66 % de taux d’occupation à Noël et près de 90 % pour la semaine du Nouvel An. Pour gagner en attractivité, notamment auprès de la clientèle française, les stations de montagne ont misé sur une série de nouveautés pour 2025-2026. Au programme : la reconfiguration du centre-station de Valberg, une nouvelle télécabine à Auron, l’arrivée d’une luge quatre saisons à Gréolières 1400, ainsi que des événements médiatiques prévus à Isola 2000. Une stratégie, avec l’objectif de renforcer dès 2026 un tourisme « quatre saisons ».
La région PACA et le segment luxe tirent le tourisme français en 2025
Comment se porte le tourisme en France ? D’après l’Alliance France Tourisme, qui a publié une étude sur 2025 (1), l’année est satisfaisante, sans être flamboyante. « L’année a été correcte mais il y a un bilan contrasté. Le tourisme est porté par une clientèle internationale. On le voit avec l’hôtellerie de luxe et les régions qui tirent leur épingle du jeu comme Paris ou la Côte d’Azur », résume Dominique Marcel, président de l’Alliance France Tourisme. Le revers, c’est l’hôtellerie « économique », c’est-à-dire moyenne gamme, qui avance moins vite. Rien d’un décrochage brutal, plutôt le signe d’une prudence des Français, qui ajustent leurs dépenses vacances. « On est arrivé à un plafond de verre », observe Vanguélis Panayotis, du cabinet MKG Consulting, évoquant « des clientèles françaises qui arbitrent soit en baissant de gamme soit en réduisant la durée du séjour ». Dans le même temps, les professionnels notent que la destination France doit également compter avec une concurrence qui se renforce autour du bassin méditerranéen : elle est « plus que jamais concurrencée par l’Espagne et l’Italie ». Si le bilan est contrasté selon les régions, PACA, de son côté, confirme son statut de moteur du tourisme français. Pour la deuxième année d’affilée, la région mène la danse et signe en 2025 la plus forte hausse du revenu par chambre : +6,5 %. Dans le détail, Nice et Cannes jouent à plein leur rôle d’aimants, dopant l’activité et l’image de la destination. « On constate que cette région a très bien performé. L’association entre son fort pouvoir d’attraction et la dynamique du segment luxe y a particulièrement bien fonctionné, avec Cannes comme exemple emblématique. Ces dernières années, plus de 1,5 milliard d’euros d’investissements privés ont été consacrés à la rénovation de palaces et d’établissements haut de gamme », rajoute Dominique Marcel. Dans le même mouvement, l’hôtellerie de luxe continue de tirer le marché. Le haut de gamme affiche le meilleur taux d’occupation, à 71,8 %, en hausse de 2,9 points. Et c’est aussi lui qui progresse le plus en valeur : le revenu par chambre y bondit de 5,4 %. S.B.
- (1) Observatoire annuel, réalisé avec le cabinet MKG Consulting et les Régions de France.

