Le gouvernement monégasque a annoncé que la troisième dose a d’ores et déjà été administrée, sur certificat médical, aux patients ayant un système immunitaire affaibli. Pour le reste de la population, les analyses sont encore en cours.
C’est une question que beaucoup se posent… Quand la Principauté va-t-elle proposer une troisième dose pour lutter contre le Covid ? Ce que l’on sait à ce stade, c’est que la troisième dose a d’ores et déjà été ouverte à Monaco, mais uniquement aux personnes disposant d’un certificat médical, établissant que leur système immunitaire est affaibli. 120 personnes en Principauté ont déjà reçu ce rappel ( chiffre arrêté au vendredi 10 septembre). « Il s’agit principalement de personnes ayant fait l’objet d’une greffe ou présentant des pathologies spécifiques, qui prennent des médicaments affaiblissant leur système immunitaire. Il s’agit par exemple de personnes ayant des problèmes rénaux chroniques ou des problèmes cardiaques chroniques, ou qui sont sous traitement anticancéreux », a expliqué le conseiller-ministre à la santé Didier Gamerdinger en conférence de presse. Quid d’une troisième injection à plus grande échelle à Monaco ? Les analyses sont encore en cours. Il faut tout d’abord qu’un « organisme de certification donne son accord », indique le gouvernement. La Principauté mène également sa propre enquête sur ce point. Les autorités sanitaires analysent en effet actuellement des données monégasques, via le suivi sérologique. Objectif : se faire une idée plus précise du moment le plus opportun pour administrer cette troisième dose.
« Le suivi sérologique donnera des informations claires sur le moment le plus opportun de faire une troisième dose »
Depuis le 29 juin, la Principauté propose en effet à ses résidents (sur la base du volontariat) de faire un suivi sérologique. Cette analyse concerne les personnes vaccinées ou ayant été infectées par le Covid-19. Cette prise de sang permet de déterminer le niveau des anticorps : les anticorps de liaison, et surtout, les anticorps neutralisants. Cela indique la capacité de l’organisme à résister à l’attaque virale. « Il s’agit d’un marqueur de 0 à 100. On considère qu’en dessous de 30, le patient est insuffisamment protégé. Cette initiative a bien marché. Nous avons ouvert la démarche en juin dernier. Au vendredi 10 septembre, 1946 analyses ont été effectuées. Et nous en faisons environ 200 par semaine. L’échantillon est donc suffisamment significatif pour en tirer des enseignements. Nous pouvons voir, selon le profil des personnes, si le taux d’anticorps baisse et s’il faut penser à faire un rappel », explique Didier Gamerdinger. Plus concrètement, les autorités sanitaires analysent différents éléments en prenant en compte la date de l’analyse sanguine et la date de la vaccination. « Combien de temps s’est-il écoulé entre les deux ? Quel est l’âge de la personne ? Quel est son mode de vie ? Tout ceci de façon à ce que nous puissions déterminer à quel moment il serait opportun d’inviter à un rappel vaccinal pour la troisième dose », rajoute le conseiller-ministre. Selon le gouvernement, le suivi sérologique à Monaco va donc donner des éléments clairs d’information (notamment pour les personnes les plus âgées) sur un échantillon assez représentatif ( plus de 2000 personnes). Le Comité national monégasque de la vaccination a aussi été saisi de façon à recueillir son avis.
Les anticorps réagissent différemment d’une personne à l’autre
Le ministre de la santé monégasque a également expliqué que « globalement » les personnes vaccinées ou ayant connu le Covid-19, ont des anticorps neutralisants. En revanche, ces anticorps se comportent très différemment d’une personne à une autre. « Certaines personnes voient une décroissance de leurs anticorps avec le temps. D’autres ont une décroissance par paliers , c’est-à-dire que les anticorps sont stables, puis ils baissent, comme une marche d’escalier inversée. D’autres n’en n’ont tout simplement pas. C’est-à-dire que l’attaque virale d’une contamination ou la vaccination n’ont pas produit dans leur organisme des anticorps neutralisants. C’est rare, mais cela à arrive. Et enfin, il y a une dernière catégorie : les personnes qui ont des anticorps stables dans le temps. »
« 95 % des personnes hospitalisées ne sont pas vaccinées »
Selon le gouvernement, la vaccination contre le Covid-19 a bien progressé durant l’été. « Nous en sommes à 26 451 personnes primo-vaccinées. Concrètement, en deux mois d’été, du 10 juillet au 9 septembre, nous avons vacciné en primo-injection 5800 personnes dans toutes les tranches d’âge », a assuré Didier Gamerdinger.
Concernant les personnels de santé (dans les institutions de santé : CHPG, centre cardio thoracique ou encore Im2S ) ils étaient 60% a être vaccinés au début de l’été, et ils sont maintenant 74,6 %. Donc 15% de plus. Il y a également ceux qui ont été vaccinés en France et qui ne sont pas ici comptabilisés.
Au global, 68% de la population à Monaco est totalement vaccinée. Taux qui grimpe à 76,8 % si l’on considère uniquement les personnes en âge d’être vaccinées , à savoir les 12 ans et plus.
Selon le conseiller-ministre, 95 % des personnes qui ont été hospitalisées à Monaco en raison du Covid n’étaient pas vaccinées.
